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lundi 11 février 2013

MALI. L'acte 2 de la guerre

                                          Le Nouvel Observateur


MALI. L'acte 2 de la guerre

Créé le 11-02-2013 à 14h42 - Mis à jour à 16h22

Les djihadistes commencent à utiliser les armes qu’ils connaissent : kamikazes, voitures-piégées ou suicides. Toute la panoplie des groupes islamistes armés.


                         Un soldat touareg de l'armée malienne à un checkpoint à Gao au Mali, vendredi 8 février 2013 (Jerome Delay/AP/SIPA).
                                Un soldat touareg de l'armée malienne à un checkpoint à Gao au Mali,  
                                           vendredi 8 février 2013 (Jerome Delay/AP/SIPA).      

   L’affaire n’a pas été ébruitée. Nous sommes le 26 janvier, au cœur de la nuit, il est quatre heures du matin, la ville de Gao vient à peine de tomber. Une colonne d’une centaine de véhicules - 400 militaires maliens, 100 français - progresse, formant un convoi qui s’étire sur dix kilomètres. À un kilomètre avant Gao, le premier véhicule blindé tombe dans un énorme cratère de trois mètres de diamètre et d’un mètre cinquante de profondeur. Sous le choc, le véhicule est disloqué, deux soldats français sont blessés, nez cassé, bras fracturé, trauma crânien.
Explication : la veille, les Forces spéciales se sont retrouvées face à un pick-up bourré d’explosifs conduit par deux kamikazes. Les Français ont ouvert le feu, le véhicule a explosé, les corps des deux islamistes "blastés", - disloqués par le souffle, gisent sur le bas-côté de la route. Il fait très noir, une équipe télé, qui accompagne le convoi, ne peut pas faire d’images. D’autant qu’immédiatement, à la radio, on entend la consigne "attention ! Restriction presse." Pas d’images, donc pas d’histoire. Le convoi reprend son chemin.
Constat. Il est double. Un, les Forces spéciales ont toujours été devant et elles savent tirer. On s’en doutait. Deux, plus important, face aux frappes aériennes qui les laissaient impuissants, puis face aux troupes au sol, plus vulnérables, les djihadistes ont commencé très tôt à utiliser les armes qu’ils connaissent : kamikazes, voitures-piégées ou suicides, mines, accrochages éclairs, bref toute la panoplie des groupes islamistes armés. Depuis, les évènements qui se sont déroulés, toujours autour et dans Gao, confirment que "l’autre guerre", prévue, attendue, redoutée, logique et inévitable, a bel et bien commencé.
Scènes de guérilla urbaine....
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