Bourgoin-Jallieu Manifestation : « Je veux dire à mes enfants que j’étais du bon côté de l’histoire »
14 heures place de la République. Les gens arrivent par petites grappes. Il y a les habitués, mobilisés chaque fois qu’il le faut dès lors qu’il faut défendre des services publics ou réclamer de la justice sociale. Mais pas seulement. Beaucoup de nouvelles têtes viennent grossir les rangs des briscards de la contestation.
Laura notamment, 38 ans, venue de Frontonas. « J’ai suivi les mouvements lycéens de loin, explique-t-elle. Je comprenais les revendications des jeunes, mais n’allais pas jusqu’à manifester. Et puis j’ai vu que de nombreux rassemblements étaient interdits et ça m’a réveillée. Quand les gens au pouvoir interdisent à la population de manifester, ça ne va plus. Et je veux pouvoir dire à mes enfants que moi, j’étais du bon côté de l’histoire. »
« J’entends tout ce monde qui s’exprime, ça donne de la force »
Laura est loin d’être la seule à ressentir ce besoin d’exercer son droit à manifester. Anaïs, 36 ans, voit dans sa mobilisation « une démarche citoyenne, tout simplement. »
Plus loin, Pascaline, elle, a longtemps hésité avant de venir. « J’habite Rives, explique-t-elle. L’ambiance actuelle me met mal à l’aise. J’avais de l’appréhension à manifester à Grenoble, compte tenu des débordements. Bourgoin-Jallieu était une possibilité mais je n’étais pas sûre de venir non plus. Parce que pendant plusieurs jours, on ne savait pas trop qui organisait quoi, au nom de qui. Est-ce qu’on aurait le droit seulement de déambuler en cortège ? Et puis je me suis dit que si nos jeunes, eux, se bougeaient, je devais moi aussi être là. Et ajouter des interdits à cette colère comme le fait le gouvernement, c’est contre-productif et ça me donne le coup de pouce nécessaire pour venir. »
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Au final, il y avait entre 400 et 500 manifestants à Bourgoin-Jallieu. L’ambiance était très joyeuse. En fin de cortège, le micro a circulé et des dizaines d’anonymes ont pu exprimer leurs colères, leurs inquiétudes. La peur de la montée du racisme pour cette mère de deux petites filles métis, la peur des fins de mois pour Élodie, étudiante lyonnaise : « Mes parents payent mon logement Crous et me donnent 50 euros par mois. Je donne des cours de piano pour me faire de l’argent et je saute des repas », sourit-elle. Et puis il y a des soignants, des pompiers, des paysans, qui veulent vivre décemment, qui veulent des services publics qui fonctionnent. Tous sont applaudis. Et Pascaline murmure : « Je n’étais pas bien en début de manif, mais quand j’entends tout ce monde qui s’exprime, ça donne de la force. J’ai bien fait de venir. C’est chouette ce qui se passe ici. »










