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[ Edito ] Vers un cordon sanitaire autour d'Israël
Une guerre de trop, pour les Etats-Unis, mais surtout pour Israël, qui doit - et va - être fermement recadré.
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S’il y a une leçon à retenir des ces cinq dernières années, c’est qu’il ne faut jamais se mêler de conflits de voisinage sauf à proposer ses bons offices. L’Ukraine est un exemple. L’Europe entière s’est laissée entraîner par les USA dans une guerre par proxy dont l’objectif était de la couper définitivement de la Russie, et en particulier de ressources énergétiques peu chères et de bonne qualité. Nous en payons l’exorbitant prix, et ceux qui sont tombés dans le panneau, qui ont ruiné les économies européennes, devrons en rendre compte.
Donald Trump s’est jeté à pieds joints dans le piège tendu par les Israéliens en déclenchant une guerre illégale en droit américain comme international. Tulsi Gabbard l’a répété le 18 mars sous serment devant le Congrès: les Iraniens ne disposent pas des moyens de fabriquer une arme nucléaire.
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Joe Kent, qui a démissionné avec fracas il y a deux jours de la direction de l’antiterrorisme américain, vient dans une interview accordée à Tucker Carlson de confirmer que l’Iran ne constituait pas une menace imminente pour les USA. Cet homme était au sommet de l’appareil de renseignement américain. Il ne parle pas à la légère.
Il décrit le modus operandi des Israéliens et de leurs lobbies: des officiels viennent présenter à la Maison Blanche de faux renseignements, des mensonges. Ces infox sont reprises simultanément par les porte-voix médiatiques de Tel Aviv: Fox News, le New York Times, CBS, The Free Press etc.
Jour après jour, l’ensemble des arguments avancés par la Maison Blanche sont réduits à néant. Et les Américains ne pardonneront pas à Trump d’avoir déclenché une nouvelle guerre, trahissant ses promesses électorales, et pire, de l’avoir perdue.
La fable qu’on nous serine à l’envi dans les médias mainstream selon laquelle les pays arabes veulent la fin du “régime” iranien, n’est que cela, une fable.
Non seulement ces pays, monarchies du Golfe en tête, considèrent aujourd’hui Israël et les Etats-Unis comme les principaux agents du chaos, mais ils observent avec consternation et effroi les Israéliens assassiner tous les interlocuteurs d’un “régime” qui ne s’effondre pas. Avec qui va-t-on bien pouvoir faire la paix?
La pluri-millénaire Perse ne disparaîtra pas. L’Iran est un Etat-civilisation. Les pays arabes le savent. Washington et Tel Aviv les ont mis en première ligne sans leur consentement. On peut raisonnablement penser que cette guerre s’arrêtera le jour où le dernier soldat américain aura quitté la région, comme nous l’avons avancé la semaine dernière.
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Outre confirmer qu’elles avançaient à grand pas, Badr Albusaidi, le ministre des affaire étrangères du Sultanat d’Oman et principal médiateur des négociations américano-iraniennes, fait le constat que les USA ont perdu le contrôle de leur politique étrangère et que leurs amis doivent les aider à rectifier le tir. Et il le fait invité par The Economist. Rien que ça.
“La plus grande erreur de calcul de l’administration américaine a été de se laisser entraîner dans cette guerre. Ce n’est pas la guerre de l’Amérique, et il n’existe aucun scénario probable dans lequel Israël et l’Amérique obtiendront tous deux ce qu’ils en attendent. On peut espérer que l’engagement de l’Amérique en faveur d’un changement de régime n’est que rhétorique, tandis qu’Israël cherche explicitement à renverser la République islamique et se soucie peu de la manière dont le pays sera gouverné, ni par qui, une fois cet objectif atteint.” - Badr Albusaidi
Perdre le contrôle au profit de qui? Ce que propose Badr Albusaidi, à demi-mots, dans un langage très diplomatique, est d’ériger un cordon sanitaire autour de l’Etat hébreux le principal déstabilisateur du Golfe persique et plus largement du Moyen-Orient.
Le ministre Omanais des affaires étrangères n’y va pas de main morte, en poursuivant:
“La question pour les amis de l'Amérique est simple. Que pouvons-nous faire pour dégager la superpuissance embourbée ? Tout d'abord, les amis de l'Amérique ont la responsabilité de dire la vérité. Cela commence par reconnaître qu'il y a deux parties à cette guerre qui n'ont rien à y gagner, et que les intérêts nationaux de l'Iran comme de l'Amérique résident dans la fin la plus rapide possible des hostilités. C'est une vérité inconfortable à énoncer, car elle implique de montrer dans quelle mesure l'Amérique a perdu le contrôle de sa propre politique étrangère. Mais elle doit être dite. (…)
Il sera peut-être difficile pour l'Amérique de renouer avec les négociations bilatérales, dont elle a été deux fois détournée par les tentations de la guerre. Il sera certainement difficile pour les dirigeants iraniens de renouer le dialogue avec une administration qui a deux fois basculé abruptement des pourparlers aux bombardements et aux assassinats. Mais la voie qui éloigne le spectre de la guerre, aussi difficile qu'elle puisse être pour les deux parties, passe peut-être précisément par cette reprise.”
Donald Trump ne semble toujours pas prendre la mesure de la situation dont il est, avec Benjamin Netanyahu, ultimement responsable. S’il interdit à Israël de frapper à nouveau le champ gazier de South Pars que l’Iran et le Qatar exploitent conjointement, il menace l’Iran d’oblitérer ce champ si Téhéran riposte à l’agression américaine, dont une partie est effectuée à partir d’une base située au Qatar. ...
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© 2026 L'Eclaireur - Alpes
Directrice de la publication : Patricia Cerinsek
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[ Editorial ] Toward a Cordon Sanitaire Around Israel
A war too many — for the United States, but above all for Israel, which must — and will — be firmly reined in.
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If there is one lesson to be drawn from the past five years, it is this: never entangle yourself in a neighbor’s conflict unless you are offering mediation. Ukraine made that clear. All of Europe allowed itself to be dragged by Washington into a proxy war whose real purpose was to permanently sever the continent from Russia — cheifly from its cheap, reliable energy. We are now paying the exorbitant price, and those who fell into that trap, who gutted European economies in the process, will have to answer for it.
Donald Trump has now leapt headfirst into the snare set by Israel, triggering a war that is illegal under both American and international law. On March 18th, under oath before Congress, Tulsi Gabbard stated plainly: Iran does not possess the means to build a nuclear weapon.
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Joe Kent — who resigned two days ago from the leadership of America’s counter-terrorism apparatus — confirmed in an interview with Tucker Carlson that Iran posed no imminent threat to the United States. This man sat at the apex of American intelligence. He does not speak carelessly.
He describes the Israeli playbook with precision: officials present fabricated intelligence, outright lies, to the White House. These fabrications are then simultaneously amplified by Tel Aviv’s media mouthpieces — Fox News, the New York Times, CBS, The Free Press, and the rest.
Day after day, every argument put forward by the White House crumbles. And the American people will not forgive Trump for starting yet another war — betraying his campaign promises — and worse, for losing it.
The fable endlessly recycled in mainstream media — that Arab states want to see the end of the Iranian “regime” — is just that: a fable. Not only do these countries, the Gulf monarchies chief among them, now regard Israel and the United States as the primary agents of chaos in the region, they watch with dismay and dread as Israelis systematically assassinate every potential interlocutor of a “regime” that refuses to collapse. With whom, exactly, does anyone plan to make peace?
Persia, civilization of three thousand years, will not disappear. Iran is a civilizational state. The Arab world knows this. Washington and Tel Aviv have placed these countries on the front line without their consent. One can reasonably conclude that this war will end on the day the last American soldier leaves the region.
Badr Albusaidi, Oman’s Foreign Minister and lead mediator in US-Iran negotiations, writing in The Economist, goes further: he observes that the United States has lost control of its own foreign policy, and that America’s friends must now help it correct course The implication, delivered in impeccably diplomatic language, is clear: what Albusaidi is proposing, is a cordon sanitaire around the Hebrew state — the principal destabilizing force in the Persian Gulf and the wider Middle East.
He does not mince words:
“The American administration’s greatest miscalculation, of course, was allowing itself to be drawn into this war in the first place. This is not America’s war, and there is no likely scenario in which both Israel and America will get what they want from it. Hopefully America’s commitment to regime change is just rhetorical, whereas Israel explicitly seeks the overthrow of the Islamic Republic and probably cares little about how the country is governed, or by whom, once this has been achieved.”
And further:
“La question pour les amis de l'Amérique est simple. Que pouvons-nous faire pour dégager la superpuissance embourbée ? Tout d'abord, les amis de l'Amérique ont la responsabilité de dire la vérité. Cela commence par reconnaître qu'il y a deux parties à cette guerre qui n'ont rien à y gagner, et que les intérêts nationaux de l'Iran comme de l'Amérique résident dans la fin la plus rapide possible des hostilités. C'est une vérité inconfortable à énoncer, car elle implique de montrer dans quelle mesure l'Amérique a perdu le contrôle de sa propre politique étrangère. Mais elle doit être dite. (…)
Il sera peut-être difficile pour l'Amérique de renouer avec les négociations bilatérales, dont elle a été deux fois détournée par les tentations de la guerre. Il sera certainement difficile pour les dirigeants iraniens de renouer le dialogue avec une administration qui a deux fois basculé abruptement des pourparlers aux bombardements et aux assassinats. Mais la voie qui éloigne le spectre de la guerre, aussi difficile qu'elle puisse être pour les deux parties, passe peut-être précisément par cette reprise.”
Donald Trump still does not appear to grasp the full dimensions of the situation for which he — together with Benjamin Netanyahu — bears ultimate responsibility. In the same breath, he forbids Israel from striking the South Pars gas field again, while threatening Iran with obliterating that very field should Tehran dare to retaliate against American aggression — part of which is being conducted from a base on Qatari soil...
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