14 février 2013
Quand François Hollande pouvait rencontrer les "Goodyear"
12 février, rassemblement réussi devant le siège de Goodyear à Rueil Malmaison
Jamila Al-Mukhtar et Paul Tanguy
Les Hauts-de-Seine, le fief de Sarkozy et de la droite. Le parking du siège social d’une des plus grosses multinationales au niveau mondial, Goodyear. L’entrée lourdement gardée par les CRS de Manuel Valls et de François Hollande.
Devant le bâtiment, plus de 1000 travailleuses et travailleurs, militants et étudiants solidaires, réunis pour dire non à la fermeture de l’usine d’Amiens-Nord et plus généralement « non aux licenciements ! ». Le symbole était fort. L’occasion pour les Goodyear mais aussi pour les délégations venues des quatre coins de France pour dire que c’est tou-te-s ensemble que l’on pourra interdire les licenciements et que les luttes doivent converger. L’occasion aussi pour échanger avec Julien, Patrick, Mebarek ou Stéphane, travailleurs de PSA-Aulnay et de Goodyear-Amiens.
Rédaction : La direction de PSA continue à dire que vous n’êtes qu’une poignée d’extrémistes, que vous êtes armés jusqu’aux dents… pourtant, vous dites juste que « l’arme des travailleurs, c’est la grève ! »
Julien : Depuis le 16 janvier la grève a commencé, le nombre de grévistes n’a cessé d’augmenter. Avec la soixantaine de collègues présents ici, on a fait ce crochet par Rueil, mais juste après on sera Avenue de la Grande Armée, devant le siège du groupe, avec une délégation encore plus fournie. Ce matin encore, au dernier pointage, on était plus de 400 grévistes. Avec les quelques techniciens qui sont avec nous dans le mouvement, c’est plus d’un tiers des effectifs de production, des ouvriers, qui sont en grève.
R : Au début du mouvement, il paraît que vous ne perturbiez pas la production, tellement la grève était peu suivie
J : Pour ce qui est de la production, c’est un autre mensonge de Varin depuis le début. Il suffit de passer sur la bretelle devant l’usine à Aulnay pour constater. Il n’y a plus une seule voiture sur les parcs de stationnement. Cela fait quatre semaines que plus une seule bagnole ne sort des chaines de production.
R : Les médias disent qu’avec la négociation, vous seriez tous assurés d’être reclassés
Patrick : Reclassés ? C’est simple. Avec Mebarek, avant la fermeture du site on était à Melun. On était caristes. Dans mon cas, j’ai même dû déménager. A moins d’avoir une super bagnole, on ne peut pas traverser l’Ile-de-France tous les jours pour aller bosser. Avant j’habitais à Provins, et après j’ai dû m’installer avec ma femme et mes deux gosses dans 40 m2, alors c’est sûr que ça m’a changé. C’est ça, les merveilles du reclassement ? Et avec quelle perspective ? De me retrouver à la rue si le site d’Aulnay ferme ?
R : Il y aurait le site de Poissy…
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12-fevrier-rassemblement-reussi-devant-le-siege-de-goodyear-
Rédaction : La direction de PSA continue à dire que vous n’êtes qu’une poignée d’extrémistes, que vous êtes armés jusqu’aux dents… pourtant, vous dites juste que « l’arme des travailleurs, c’est la grève ! »
Julien : Depuis le 16 janvier la grève a commencé, le nombre de grévistes n’a cessé d’augmenter. Avec la soixantaine de collègues présents ici, on a fait ce crochet par Rueil, mais juste après on sera Avenue de la Grande Armée, devant le siège du groupe, avec une délégation encore plus fournie. Ce matin encore, au dernier pointage, on était plus de 400 grévistes. Avec les quelques techniciens qui sont avec nous dans le mouvement, c’est plus d’un tiers des effectifs de production, des ouvriers, qui sont en grève.
R : Au début du mouvement, il paraît que vous ne perturbiez pas la production, tellement la grève était peu suivie
J : Pour ce qui est de la production, c’est un autre mensonge de Varin depuis le début. Il suffit de passer sur la bretelle devant l’usine à Aulnay pour constater. Il n’y a plus une seule voiture sur les parcs de stationnement. Cela fait quatre semaines que plus une seule bagnole ne sort des chaines de production.
R : Les médias disent qu’avec la négociation, vous seriez tous assurés d’être reclassés
Patrick : Reclassés ? C’est simple. Avec Mebarek, avant la fermeture du site on était à Melun. On était caristes. Dans mon cas, j’ai même dû déménager. A moins d’avoir une super bagnole, on ne peut pas traverser l’Ile-de-France tous les jours pour aller bosser. Avant j’habitais à Provins, et après j’ai dû m’installer avec ma femme et mes deux gosses dans 40 m2, alors c’est sûr que ça m’a changé. C’est ça, les merveilles du reclassement ? Et avec quelle perspective ? De me retrouver à la rue si le site d’Aulnay ferme ?
R : Il y aurait le site de Poissy…
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