Regards
Vincent Beaufils, directeur de la rédaction de Challenges
15/02/2013
Vous en reprendrez bien pour 10 milliards...
Les marchés ont donc avalé avec grande tranquillité la rupture du contrat sur les 3 % de déficit public maximum, officialisée par Jean-Marc Ayrault mercredi soir. La semaine prochaine, le 22 février, sera dévoilé le nouvel objectif sur le plafond du déficit en 2013, sans doute par la Commission européenne, sans doute autour de 3,5 %. Pas de quoi paniquer… Reste un sujet principal : un demi pour cent de déficit supplémentaire, cela représente à peu près 10 milliards d'euros de plus à éradiquer, qui s’ajoutent aux 60 milliards déjà identifiés, puisque le Premier ministre a bien rappelé que « la trajectoire », et donc l’objectif du zéro déficit, n’avait pas changé. Or, même si Jean-Marc Ayrault avait dit que « 10 milliards d’économies, c’est à notre portée » – la déclaration n’est pas de mercredi , mais de l’automne, quand il avait présenté le pacte de compétitivité –, chacun sait que c’est énorme.
10 milliards, « cela représente simplement 1 % des dépenses », avait alors fort justement argumenté le Premier ministre. Soit. Mais sans vouloir jeter le discrédit sur la réelle volonté du pouvoir socialiste à faire des économies, un petit regard en arrière suffit à montrer la difficulté de la tâche. En cinq ans, les différents gouvernements Fillon n’ont pas réussi à générer plus de 14 milliards d’économies via l’horrible RGPP, et encore beaucoup de ces économies n’ont jamais été clairement identifiées. Il faut rajouter l’effet de la réforme des retraites et les coupes dans le budget de la Sécu pour arriver à un effort de 25 milliards en cinq ans. Soit 5 milliards par an. 10 milliards, c’est… le double qu’il faudra faire, au minimum, chaque année. Bon courage Monsieur Ayrault !...
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