-
le 8 Février 2013
Tunisie
Tunisie: la violence islamiste en embuscade
Manifestation à Tunis hier
L’assassinat de Chokri Belaïd fait craindre un risque de chaos. Le pays sera paralysé par une grève générale, vendredi 8 février, au moment des obsèques du leader de la gauche laïque. L’opposition exigent la démission du gouvernement.
Moins de 24 heures après l’appel à la grève générale lancé par l’opposition de gauche et démocrate, l’UGTT (la centrale syndicale) a appelé à son tour à un débrayage pour ce vendredi, jour des obsèques de Chokri Belaïd, assassiné mercredi par balles. Sans attendre, les avocats et les magistrats étaient en grève dès ce jeudi. Cet appel survient après l’annonce par le premier ministre, Hamadi Jebali, lors d’un discours à la nation, de sa décision de former « un gouvernement de compétences nationales sans appartenance politique qui aura un mandat limité à la gestion des affaires du pays, jusqu’à la tenue des élections dans les plus brefs délais ».
La déclaration du chef du gouvernement tunisien, que d’aucuns qualifient en Tunisie de représentant de l’aile modérée du parti islamiste au pouvoir, Ennahdha, n’a visiblement pas convaincu dans son propre camp. « En ce qui nous concerne, notre pays a encore besoin d’un gouvernement politique de coalition sur la base des résultats des élections du 23 octobre 2011 », a rétorqué Abdelhamid Jelassi, vice-président d’Ennahdha. « Le premier ministre n’a pas sollicité l’avis de son parti », a-
t-il ajouté. « Nous avons refusé cette proposition (...) le chef du gouvernement a pris cette décision sans consulter la coalition gouvernementale, ni le mouvement Ennahdha », a renchéri le chef du groupe parlementaire d’Ennahdha, Sahbi Atig.
La gauche n’est pas tombée dans le piège
La réaction des deux dirigeants d’Ennahdha n’est pas surprenante en soi. La question du pouvoir et la nature de l’État, la stratégie à adopter pour y parvenir ont de tout temps fait l’objet d’âpres débats au sein de la mouvance islamiste. Même s’il n’existe aucune divergence de fond quant à l’instauration d’un État islamique par des moyens non violents, en revanche, de sérieux désaccords opposent ceux qui veulent forcer le cours des événements, quitte à s’allier avec les salafistes radicaux, et ceux, plus conscients sans doute de la difficulté de la tâche, qui sont prêts à faire « un bout de chemin » avec des partis non islamistes. Le chef du gouvernement, Hamadi Jebali, fait visiblement partie du second courant dit « pragmatique ». Ajoutons que les deux partis membres de la coalition gouvernementale – le Congrès pour la république (CPR), dont est issu le chef de l’État, Moncef Marzouki, et Ettakatol, de Mustapha Ben Jaâfar, l’actuel président de l’Assemblée constituante – n’ont pas réagi à l’annonce du Premier ministre....
Pour lire la suite de l'article,cliquer sur le lien ci-dessous
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire