Suicide d'un chômeur : "On craint un phénomène de contagion"
Créé le 14-02-2013 à 18h11 - Mis à jour à 21h21
Par Celine Rastello
L'agent d'accueil et délégué CGT Pôle emploi Pays-de-la-Loire Julien Chaillou relaie les inquiétudes des salariés de l'agence, sous le choc après le drame de Nantes.
Une femme rend hommage au chômeur qui s'est suicidé devant l'agence Pôle emploi
de Nantes Est, jeudi 14 février. (Frank Perry/AFP
"On est tous responsables" a déclaré le directeur général dePôle emploi Jean Bassères, ajoutant que les agents ont "le sentiment d'avoir fait tout ce qui était dans leur possibilité". Au lendemain du suicide d'un chômeur devant l'agence Pôle emploi de Nantes Est, le personnel, sous le choc, est inquiet.
"Le Nouvel Observateur" a questionné Julien Chaillou, agent d'accueil Pôle emploi à Saint-Sébastien-sur-Loire et délégué syndical CGT Pôle emploi Pays-de-la-Loire.
Quel impact cet événement dramatique peut-il avoir sur les salariés ?
- C'est le genre d'événement qu'on oublie jamais, et les collègues de l'agence concernée sont évidemment particulièrement choqués, ceux qui ont reçu cette personne sans doute encore plus. Ils bénéficient d'un soutien psychologique qu'on va demander long, car les contrecoups peuvent arriver un, deux, voire six mois plus tard.
Mais tous les agents de Pôle Emploi sont choqués. Maintenant, nous avons une véritable crainte d'un phénomène de contagion, d'actes similaires ou autres. On nous a remonté des informations d'autres régions et des messages commencent à circuler sur les réseaux sociaux du style "moi je ne me brûlerai pas, je passerai à l'acte".
Quand on est désespéré, "passer à l'acte" peut se traduire de deux façons : soit on retourne son désespoir contre soi-même, comme ça a été le cas hier, soit contre la personne qu'on croit responsable, l'agent Pôle emploi. Cela dit, mes collègues de la CAF, de la Sécu, voire des banques dans certaines mesures, vivent la même chose.
Après, dans ce contexte de crise et d'augmentation constante des entretiens difficiles et des agressions, verbales ou physiques, la crainte existe toujours, et ce type d'événement la démultiplie.
Mais si le facteur déclencheur de ce drame est bien un problème lié à un article de la convention de l'assurance chômage, Pôle emploi rencontre par ailleurs d'autres problèmes dramatiques d'accueil et de conditions de travail. Mais nous ne souhaitons pas faire de lien ni d'amalgame entre un problème général existant depuis la création de Pôle emploi et ce drame, car il n'y en a pas.
Comment analysez-vous les raisons qui ont poussé cet homme à commettre ce geste ?....
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