7 février 2013
Le risque d’une union des salariés des entreprises menacées effraie la classe dirigeante
Renault, droite, socialistes : une gestion commune, toute une histoire !
Roger SILVAIN *
En 2009, au terme de 7 ans d’acharnement, la direction de Renault a été condamnée par la cour d’appel de Versailles pour discrimination syndicale envers Roger Silvain, ancien militant CGT de Renault.
Roger Silvain a profondément marqué pendant trente ans la vie syndicale de son entreprise.
A 78 ans, il remporte un nouveau combat face à l’appareil juridique de la direction Renault.
Ci-dessous, il retrace en quelques mots l’histoire de Renault et appelle à une contre-offensive unitaire par l’union des entreprises menacées.
Chapeau, l’artiste !
LGS
Roger Silvain a profondément marqué pendant trente ans la vie syndicale de son entreprise.
A 78 ans, il remporte un nouveau combat face à l’appareil juridique de la direction Renault.
Ci-dessous, il retrace en quelques mots l’histoire de Renault et appelle à une contre-offensive unitaire par l’union des entreprises menacées.
Chapeau, l’artiste !
LGS
Remontons à la Libération :
1944, Renault vient d’être nationalisé par l’Assemblée constituante présidée par le général De Gaulle.
Dès lors, la question de la nomination d’une personnalité à la tête de la jeune entreprise nationale est posée.
La grande bourgeoisie compromise par son attitude durant l’occupation est hors jeu.
Pour les forces conservatrices, le danger, dans le rapport de forces de l’époque est de voir désigné un métallo communiste, ancien de Renault, Alfred Costes.
L’alliance des socialistes et des gaullistes conduit à la nomination de Pierre Lefaucheux.
Suite à la mort accidentelle de Lefaucheux en 1955, la présidence revient à Pierre Dreyfus, ancien responsable des jeunes socialistes en 1936.
C’est ainsi que cette entreprise nationale fut dirigée à partir d’un compromis entre la droite et le parti socialiste jusqu’en 1990.
C’est dès 1986 (première cohabitation entre le PS et la droite avec F. Mitterrand à la présidence et Jacques Chirac comme premier ministre), qu’Alain Madelin, alors ministre de l’Industrie, parle ouvertement de la privatisation de Renault.
Mais c’est sous le second septennat de François Mitterrand (mai 1988/mai 1995), avec comme premier ministre Michel Rocard que s’ouvre le processus de privatisation effective de Renault : après avoir modifié le statut de la Régie qui devient une société anonyme il ouvre le capital de l’entreprise pour les véhicules légers et les poids lourds.
Face à l’opposition des députés communistes, Rocard passe en force en recourant à l’article 49.3 le 28 avril 1990, avec le soutien massif de l’UDF de Giscard et de l’ancien ministre de l’industrie de droite Alain Madelin !
En quelque sorte, la collaboration PS / droite se poursuit dans les nouvelles conditions politiques des années 80.
Les trahisons du PS se prolongent et se confirment :
En 1997, après la défaite de la droite aux élections législatives anticipées, Lionel Jospin, candidat au poste de Premier ministre face à la fermeture de Renault Vilvoorde, se porte garant du maintien de l’entreprise !
Trois semaines plus tard, en février 1997, son PDG Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius, annonce sa décision de fermer l’entreprise située en Belgique et Lionel Jospin, dès lors premier ministre de J. Chirac, prononce la fameuse phrase de renoncement selon laquelle "l’état ne peut pas tout !."
Aujourd’hui ....
*Roger Silvain
renault-droite-socialistes-une-gestion-commune-toute-une-histoire
1944, Renault vient d’être nationalisé par l’Assemblée constituante présidée par le général De Gaulle.
Dès lors, la question de la nomination d’une personnalité à la tête de la jeune entreprise nationale est posée.
La grande bourgeoisie compromise par son attitude durant l’occupation est hors jeu.
Pour les forces conservatrices, le danger, dans le rapport de forces de l’époque est de voir désigné un métallo communiste, ancien de Renault, Alfred Costes.
L’alliance des socialistes et des gaullistes conduit à la nomination de Pierre Lefaucheux.
Suite à la mort accidentelle de Lefaucheux en 1955, la présidence revient à Pierre Dreyfus, ancien responsable des jeunes socialistes en 1936.
C’est ainsi que cette entreprise nationale fut dirigée à partir d’un compromis entre la droite et le parti socialiste jusqu’en 1990.
C’est dès 1986 (première cohabitation entre le PS et la droite avec F. Mitterrand à la présidence et Jacques Chirac comme premier ministre), qu’Alain Madelin, alors ministre de l’Industrie, parle ouvertement de la privatisation de Renault.
Mais c’est sous le second septennat de François Mitterrand (mai 1988/mai 1995), avec comme premier ministre Michel Rocard que s’ouvre le processus de privatisation effective de Renault : après avoir modifié le statut de la Régie qui devient une société anonyme il ouvre le capital de l’entreprise pour les véhicules légers et les poids lourds.
Face à l’opposition des députés communistes, Rocard passe en force en recourant à l’article 49.3 le 28 avril 1990, avec le soutien massif de l’UDF de Giscard et de l’ancien ministre de l’industrie de droite Alain Madelin !
En quelque sorte, la collaboration PS / droite se poursuit dans les nouvelles conditions politiques des années 80.
Les trahisons du PS se prolongent et se confirment :
En 1997, après la défaite de la droite aux élections législatives anticipées, Lionel Jospin, candidat au poste de Premier ministre face à la fermeture de Renault Vilvoorde, se porte garant du maintien de l’entreprise !
Trois semaines plus tard, en février 1997, son PDG Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius, annonce sa décision de fermer l’entreprise située en Belgique et Lionel Jospin, dès lors premier ministre de J. Chirac, prononce la fameuse phrase de renoncement selon laquelle "l’état ne peut pas tout !."
Aujourd’hui ....
*Roger Silvain
Ouvrier Renault Billancourt de 1946 à 1988
Secrétaire général CGT Billancourt de 1971 à 1976
Secrétaire du comité central d’entreprise de 1977 à 1983
Administrateur de l’entreprise de 1981 à 1988.
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