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jeudi 14 février 2013

Ne prenez pas les salariés révoltés pour des casseurs sauvages !

                                                        Marianne


CHRONIQUE



Ne prenez pas les salariés révoltés pour des casseurs sauvages !

Jeudi 14 Février 2013 à 05:00 | 

L’annonce du rassemblement des salariés en lutte devant le siège de Goodyear, à Rueil, mardi dernier, a donné lieu à une petite opération médiatico-politique qui en dit long sur les calculs des uns et des autres.


A. GELEBART/20 MINUTES/SIPA
A. GELEBART/20 MINUTES/SIPA
L’annonce du rassemblement des salariés en lutte devant le siège de Goodyear, à Rueil, mardi dernier, a donné lieu à une petite opération médiatico-politique qui en dit long sur les calculs des uns et des autres. On a pu se demander si l’on n’était pas à la veille d’une guerre civile larvée et s’il ne fallait pas rapatrier d’urgence les troupes envoyés au Mali pour les dépêcher dans les Hauts de Seine, nouveau lieu d’action du terrorisme social.  
 
On exagère ? À peine. Manuel Valls a planté le décor en alertant sur les risques de « radicalisation » des mouvements sociaux, en fustigeant ceux qui cassent « l’outil de travail ». Au passage, le ministre de l’Intérieur a oublié de noter que les premiers à menacer « l’outil de travail » sont ceux qui ferment les entreprises. Il s’est également bien gardé de commenter le cas de John David, jeune intérimaire  d’ArcelorMittal à Lièges, qui a perdu un œil après un tir de flash ball lors d’une manifestation.  

Dans la foulée, le Journal Du Dimanche a présenté une galerie de portraits de syndicalistes à la manière des affiches de western. Ne manquait que le célèbre « Wanted » pour créer l’ambiance. Le mardi matin, jour du rassemblement, dans la matinale de France Inter, Pascale Clark a interrogé Mickaël Wamen, de la CGT-Goodyear, comme s’il s’agissait d’un voyou, comme s’il était la surenchère faite syndicaliste, prêt à partir à l’assaut de l’Élysée si nécessaire.  

Sur place, on se serait crû dans un camp retranché. Et que se passa-t-il ? Rien de critiquable sur le plan de la sécurité, mais quelque chose de notable quant à l’esprit de salariés humiliés, menacés, mobilisés, et d’autant plus écoeurés que, dans leur grande masse, ils ont contribué à l’élection de François Hollande. Pourquoi alors cette mise en scène grand guignolesque qui ne peut que pousser à la surenchère voire aux débordements ? Ne serait-ce pas le but recherché afin d’isoler les manifestants ? ...
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