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mercredi 6 février 2013

L’Europe prise en étau entre les Etats-Unis et la Chine


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L’Europe prise en étau entre les Etats-Unis et la Chine

Note de lecture de "La Chine contre l’Amérique – Le duel du siècle" d'Alain Frachon et Daniel Vernet (Grasset, octobre 2012) par Baptiste Petitjean, directeur de la Fondation Res Publica. « La relation sino-américaine commande les équilibres de demain, stratégiques, économiques et financiers ». C’est le sujet du livre d’Alain Frachon et Daniel Vernet. Il s’agit d’une « relation instable qu’il faut essayer de comprendre parce qu’elle conditionne largement notre avenir ». En effet, la coexistence d’une défiance stratégique de plus en plus aigüe et d’une interdépendance économique de plus en plus étroite est-elle viable ?


L’Europe prise en étau entre les Etats-Unis et la Chine
La dernière note de lecture de la Fondation finissait par faire l’hypothèse suivante : « depuis l’effondrement du bloc soviétique et depuis que la montée des pays émergents accélère l’apparition d’un monde multipolaire, on constate la montée en puissance d’un duopole Chine / Etats-Unis – ce que nous appelons le G2 [1] –, qui laisse à penser que nous sommes passés d’une bipolarité à une autre, même si elle n’est que transitoire » [2]. Alain Frachon et Daniel Vernet estiment à juste titre que nous sommes entrés dans une bipolarité sino-américaine qui peut revêtir une forme consensuelle (le G2), mais qui peut tout à fait prendre une forme concurrentielle voire conflictuelle. 

A partir de 1972 et la rupture sino-soviétique, une alliance de facto scellée par un antagonisme commun vis-à-vis de l’URSS va amorcer une phase de dépendance mutuelle entre la Chine et les Etats-Unis. Cette phase trouvera son prolongement dans les années 90 et le début des années 2000 dans une « relation d’interdépendance économique et financière ». Notons par exemple que les deux tiers des réserves monétaires chinoises – qui s’élèvent à 3 200 milliards de dollars – ont été investies en bons du Trésor américains, entrainant par ailleurs la surconsommation aux Etats-Unis. Les auteurs ont, néanmoins, le mérite de casser quelques préjugés sur l’essor économique chinois : la Chine n’est plus seulement l’atelier du monde, ce que les entreprises chinoises fabriquent ne cessent de monter dans l’échelle de la valeur ajoutée...
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