Les travailleurs de l’automobile roumains confrontés à des réductions de salaires et des licenciements
Par Markus Salzmann
19 février 2013
Depuis le milieu des années 1990, un certain nombre de grands constructeurs automobiles ont transféré leur production d’Europe de l’Ouest vers l’Europe de l’Est afin de tirer profit des bas salaires et des conditions de travail médiocres. Ce processus est souvent allé de pair avec des coupes et des licenciements dans les usines d’Europe occidentale.
En Europe de l’Est, ce processus n’a pas abouti à la création d’emplois sûrs. Au lieu de cela, les travailleurs sont employés pour des salaires de misère et doivent vivre sous la menace permanente de perdre leur emploi lorsque les grands groupes décident de déplacer la production vers d’autres pays aux salaires encore plus bas.
La crise économique mondiale a exacerbé cette tendance. Alors que des sociétés comme Opel, Ford, PSA Peugeot-Citroën, Renault et Fiat sont en train de fermer des usines en Europe occidentale en imposant des réductions de salaire et des licenciements de masse, les travailleurs des pays d’Europe de l’Est sont également soumis à des pressions grandissantes.
Le constructeur automobile roumain Dacia, une filiale du groupe français Renault, est caractéristique à cet égard. Dacia a ouvert une usine de production à Tanger au Maroc qui a commencé à fonctionner l’année dernière. Une fois achevée, l’usine devrait produire 400.000 véhicules par an. Le partenaire de Renault, le constructeur automobile japonais Nissan, veut aussi à l’avenir produire au Maroc.
Bien que Dacia soit actuellement la filiale la plus rentable de Renault et qu’il n’y ait pour le moment pas de licenciements, l’ouverture de l’usine au Maroc est considérée comme le premier pas vers une réduction de la capacité à son usine située dans la ville de Pitesti, au Sud de la Roumanie....
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