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lundi 4 février 2013

Le Mali et l’accusation néo-coloniale

Marianne

CHRONIQUE



Le Mali et l’accusation néo-coloniale

Lundi 4 Février 2013 à 09:55

MAURICE SZAFRAN - MARIANNE

STJEPANOVIC DANKO/SIPA
                                          STJEPANOVIC DANKO/SIPA

Toute notre histoire le rappelle, et avant même Marianne, bien avant la création de ce journal : l’anticolonialisme est, et reste pour nous une valeur cardinale. 

Deux de nos grands anciens, Jean-François Kahn et Jacques Julliard ont combattu à leur façon pour l’Algérie indépendante. Rien n’à voir, cela va de soi, avec le tiers-mondisme obtus, le tiers-mondisme qui justifie – au nom de la défense des peuples, cela va de soi... – les pires exactions, le soutien quasi inconditionnel a des dictateurs sanguinaires qui massacrent leurs peuples, une complicité intellectuelle et politique avec les assassins islamistes. Ce tiers-mondisme dégénéré n’a rien de commun avec une conception exigeante – et démocratique – de l’anticolonialisme. 

Fort de ces quelques idées claires, Marianne s’était par exemple mobilisée et avait mobilisé contre la guerre en Irak de George W. Bush. Bien sûr, il était indispensable de détruire Saddam Hussein ; mais cette guerre-là, comme ça, construite à partir et autour de l’idéologie néoconservatrice était vouée non pas seulement à l’échec, mais à la destruction du pays. Nous ne nous sommes pas trompés. 

Dès le déclenchement de la guerre du Mali, l’accusation de guerre néocoloniale a été lancée contre François Hollande et le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, notamment par le « gaulliste », Dominique de Villepin. Et la visite « triomphale » du chef de l’État ce week-end au Mali, de Bamako à Tombouctou, pouvait, symboliquement au moins, donner crédit à cette thèse. ...
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