INFO OBS. Comment Hollande a décidé d'intervenir au Mali
Créé le 06-02-2013 à 17h39 - Mis à jour le 07-02-2013 à 07h19
Par Vincent Jauvert
Pourquoi le président, qui avait assuré que la France n'interviendrait pas, a-t-il changé d'avis ? Le véritable scénario diffère de la version officielle...
François Hollande avec le président malien Dioncounda Traoré, à son arrivée à Bamako, après sa visite
à Tombouctou, le 2 février 2013. (Thomas Martinez / AP / SIPA)
C'est un document historique, qui n'a pas encore été rendu public : le texte qui "légalise" la guerre française au Mali. "Le Nouvel Observateur" a pu le consulter. Il s'agit d'une lettre du président malien par intérim, Dioncounda Traoré, à François Hollande. Elle a été écrite le mercredi 9 janvier et communiquée le lendemain à l'Elysée par un télégramme de l'ambassade de France à Bamako. Dans cette missive si importante, le chef de l'Etat malien - ou de ce qu'il reste de cet Etat - appelle l'Elysée à l'aide. Mais sa requête est étrangement formulée.
"Suite aux développements récents constatés sur le terrain et à la menace qui se précise contre nos premières lignes de défense, écrit Dioncounda Traoré à François Hollande, une intervention aérienne immédiate s'impose. Celle-ci consistera à fournir un appui renseignement et un appui feu au profit de nos troupes."
Etrange affaire
Autrement dit, le président malien demande à la France de dépêcher sur-le-champ des avions et des hélicoptères afin de faciliter une contre-attaque de l'armée régulière malienne contre les forces qui menacent de prendre "la ville de Mopti". Dans cette lettre censée fournir un cadre légal à l'opération Serval, il ne sollicite pas le déploiement de soldats français au sol.
L'affaire est d'autant plus étrange que c'est Paris qui est à l'origine de ce document. Ce même mercredi 9 janvier, le président Traoré a, en effet, écrit un premier courrier à François Hollande, qui l'a reçu au moment du conseil des ministres. Mais cette missive initiale, qui sollicite une "intervention militaire", a été jugée "trop imprécise" par l'Elysée, qui en a demandé une autre, plus détaillée....
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