Translate

mardi 9 avril 2013

«Zouzou» allume Lepaon

                                                           Marianne

            «Zouzou» allume Lepaon

Mardi 9 Avril 2013 à 17:00 

CHRISTINE CLERC


Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT- LANCELOT FREDERIC/SIPA
Thierry Lepaon, secrétaire général de la CGT- LANCELOT FREDERIC/SIPA
« Avec un mec comme Thierry Lepaon, on va déguster ! Des discours enflammés... et derrière, je vous entube !» C'est Marie-Gisèle Chevalier, de la CFDT, qui allume ainsi le nouveau patron de la CGT. Toujours en première ligne pour défendre les ouvrières normandes qui fabriquèrent les fameux robots, cette ancienne de Moulinex, surnommée «Zouzou», se souvient de ses débuts à 17 ans, en 1968, à l'usine d'Argentan. 

Pour «casser» la fille rebelle, le chef d'atelier la place sur une chaîne trop haute pour elle. Ce qui ne l'empêche pas de créer sa section CFDT. En 1983, quelques mois après un premier plan social, «Zouzou» voit arriver un «beau gosse» : Lepaon. 

Il est embauché le 3 janvier par le DRH de Moulinex, Alfred Sirven, le futur organisateur de l'énorme réseau de corruption d'Elf Aquitaine. Comment Lepaon et Sirven se connaissent-ils ?«Par la franc-maçonnerie», affirme-t-elle, bien que le cégétiste nie catégoriquement avoir jamais appartenu à ce réseau. 

Et pourquoi Sirven signe-t-il à Lepaon un contrat de travail rétroactif daté de 1982 ? «Pour le faire élire délégué CGT en 1983 et casser l'unité syndicale», poursuit Marie-Gisèle Chevalier. En 2001, lorsque Moulinex dépose le bilan, Lepaon met les voiles et part faire carrière dans la centrale de Montreuil. 

En 2001, des employes de Moulinex manifestaient déjà contre les licenciements - MAISONNEUVE/SIPA
En 2001, des employes de Moulinex manifestaient déjà contre les licenciements - MAISONNEUVE/SIPA
«Zouzou», elle, sera de tous les procès opposant les ex-salariés du fabricant d'électroménager aux administrateurs judiciaires. 

C'est dire si cette ancienne OS applaudit quand le secrétaire national de la CFDT, Laurent Berger, refuse un défilé commun le 1er mai : «Le syndicalisme, c'est des compromis. Pas des compromissions !»

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire