Présidence du Medef : ça chauffe entre Gattaz et Saint-Geours
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Par Fanny Guinochet
Depuis que Laurence Parisot est hors-jeu, deux candidats se disputent le soutien de leurs pairs au sein de la principale fédération patronale, l'UIMM. Et l'ambiance est électrique.
Mots-clés : uimm, Seillière, Gattaz, Saint-Geours, Radiall
Le poste de Laurence Parisot, à la présidence du Medef, est décidemment très prisé. Au point que dans les rangs de l’UIMM, l’Union des industries et métiers de la métallurgie, deux candidats sont en liste : Frédéric Saint-Geours, le président de la plus puissante fédération du Medef depuis 2008 et Pierre Gattaz, adhérent et président du groupe des fédérations industrielles (GFI).
Entre les deux hommes, aux profils très différents, la compétition promet d’être serrée. L’un est énarque, a fait l’essentiel de sa carrière chez PSA, et est passé par les cabinets ministériels, quand l’autre se présente comme un patron de terrain, à la tête de Radiall, une entreprise patrimoniale héritée de son père, Yvon Gattaz, qui dirigea le CNPF, l’ancien Medef entre 1981 et 1986.
Depuis que l’ancien patron des marques de PSA a officialisé sa candidature, la semaine dernière, l’atmosphère est électrique au sein de l’UIMM. Et, la tension devrait encore monter d’un cran les jours prochains, à l’approche des auditions du 18 avril. C’est cette date que la métallurgie a choisi pour entendre tous les candidats, y compris ceux qui viennent des autres fédérations.
Vote à bulletins secrets ?
Patrick Bernasconi, le patron de la Fédération nationales des travaux publics, ou encore Geoffroy Roux-de-Bezieux, le vice-président de la Fédération des Télécoms joueront le jeu, tout comme Jean-Claude Volot, Thibault Lanxade ou Hervé Lambiel. Pendant une heure, chacun présentera son programme devant le conseil de l’UIMM. A l’issue de cette journée, les 80 membres voteront (probablement à bulletins secrets) et se prononceront pour soutenir un seul compétiteur.
Lors du dernier conseil qui s’est tenu le 4 avril, les premières crispations internes ont éclaté au grand jour. Et pour cause, Frédéric Saint-Geours a proposé que si l’un ou l’autre des candidats de l’UIMM l’emporte, le second se désiste. Une suggestion que Pierre Gattaz n’a pas souhaité valider, lui qui dès le départ, a annoncé qu’il irait jusqu’au bout.
Dans le monde feutré du patronat, cette prise de position de principe fait tousser. "Il faut absolument éviter que nous aussi nous nous divisions, assure un membre du bureau de l’UIMM, après ce qui vient de se passer au Medef avec l’histoire des statuts, il ne faut surtout pas relancer des guerres intestines".
Les blessures anciennes sont ravivées
C’est bien là le risque. Cette double candidature ravive d’anciennes querelles au sein de l’UIMM : "En fait, ce sont deux conceptions du patronat qui se heurtent. Frédéric Saint-Geours, d’un côté, qui se veut le monsieur propre après les affaires de la cagnotte de l’UIMM, et Pierre Gattaz, qui bénéficie plutôt du soutien de l’ancienne garde", décrypte un poids lourd de l’institution.
Outre Denis Kessler, l’ancien bras droit d’Ernest-Antoine Seillière, Pierre Gattaz bénéficierait des conseils d’Yvon Jacob, ou encore de Daniel Dewavrin, ex-président de l’UIMM entre 1999 et 2006. De son côté, Frédéric Saint-Geours est loin de faire l’unanimité chez les industriels. Beaucoup lui reprochent d’avoir géré de façon trop éloignée la fédération et de se servir de l’UIMM comme d’un tremplin pour s’assurer une jolie fin de carrière. Ambiance !
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