Réforme des retraites : Un scénario bien tracé… mais il y a la vie
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Au soir de ses rencontres avec les organisations syndicales, le 13 mai, Ayrault a été clair : il prendra le temps nécessaire, mais, coûte que coûte, la conférence sociale réunissant gouvernement, syndicats ouvriers et patronat devra déboucher sur un accord.
Le scénario est tracé.
Acte I : les considérants. Le message à faire passer est : la réforme des retraites est indispensable. A l’appui de cette affirmation, le gouvernement avance deux arguments : d’une part, l’engagement pris par lui auprès de Bruxelles, en échange du délai de deux ans accordé pour passer en dessous des 3% de déficit public ; d’autre part, la menace d’un déficit abyssal des régimes de retraite.
Acte II : les annonces. Tout le monde sera visé, nous dit-on. Tous les salariés du public comme du privé, mais aussi les travailleurs non salariés et les retraités. Tous les régimes de retraite seront visés : le régime général, le Code des pensions des fonctionnaires, les régimes spéciaux (EDF-GDF, SNCF, RATP, mines, Banque de France, etc.), celui des exploitants agricoles, des artisans, etc. Toutes les mesures sont annoncées comme possibles : augmenter le nombre d’annuités pour obtenir une retraite à taux plein, baisser le niveau des prestations servies aux retraités, augmenter la CSG de ces derniers, repousser une nouvelle fois l’âge légal de départ en retraite, augmenter les cotisations salariales. Rien n’est écarté.
Acte III : le « dialogue social ». Tirant les leçons de 1995, 2003 et 2010, le gouvernement sait que toute réforme des retraites est potentiellement explosive. L’objectif n’est pas de tout faire passer, ni même nécessairement de faire passer celles des mesures les plus spectaculaires. Non. L’objectif est que la conférence sociale aboutisse à un accord qui lie les organisations syndicales à ce qui serait alors présenté comme un « compromis », évitant « le pire »…
Un compromis ? Qu’il s’agisse d’augmenter les cotisations, d’allonger leur durée, de baisser les prestations ou de remettre en cause les régimes spéciaux ou particuliers, c’est toujours une part du revenu ouvrier qui est prélevé, c’est la valeur de la force de travail qui est attaquée. Et tout cela au nom d’une dette et de déficits provoqués par les milliers de milliards d’euros servis, pour les renflouer, aux banquiers et spéculateurs faillis.
Alors ? Certes, il y a les scénarios rêvés par le Premier ministre. Et puis, il y a la vie. La première conférence sociale s’est heurtée au refus des confédérations CGT et FO d’approuver l’accord national interprofessionnel (ANI). Sans aucun doute, les militants des deux organisations syndicales et beaucoup de travailleurs avec eux y verront un encouragement à résister, dans l’unité avec leurs organisations, à toutes les tentatives d’intégration.
Il y a une seule base pour l’unité ouvrière, celle de l’indépendance du mouvement ouvrier : aucune réforme des retraites, aucune modification de quelque aspect que ce soit des régimes de retraite ne sont acceptables.
Ne touchez pas à nos retraites !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire