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vendredi 24 mai 2013

Etats-Unis : la réduction drastique du déficit suscite des interrogations


Etats-Unis : la réduction drastique du déficit suscite des interrogations

Le Monde.fr  • Mis à jour le 
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                                       Dans la salle de presse de la Maison Blanche, le 14 mai.
Pendant que l'Europe tire la langue, les Etats-Unis ont de quoi – provisoirement – se réjouir. Le régime minceur drastique auquel est soumis le budget américain depuis quelques mois porte ses fruits, au-delà de toute espérance : le Congressional Budget Office (CBO, Bureau du Congrès pour le budget, non partisan) a annoncé, mardi 14 mai, une réduction plus forte que prévu du déficit public, de l'ordre de 40 % pour l'exercice fiscal 2013. Le déficit serait ramené à 642 milliards de dollars (499 milliards d'euros), son plus bas niveau depuis 2008. En 2015, le déficit passerait de 7 % du PIB à 2 %.
Ce résultat s'explique par une hausse des rentrées fiscales, des coupes particulièrement sévères dans les dépenses publiques – notamment du côté des prestations sociales et du budget de l'armée –, et par le remboursement de dizaines de milliards de dollars par Fannie Mae et Freddie Mac, deux organismes de refinancement de prêts immobiliers lourdement renfloués par l'Etat pendant la crise des subprimes. 
Satisfaisant sur le papier, ce résultat stupéfiant divise les commentateurs : pour certains, réduire le déficit aussi rapidement et fortement risque de freiner la reprise. En effet, la croissance reste peu dynamique et le chômagene baisse que très lentement. 
Pour le New York Timescette baisse ne peut être que temporaire : le passage à la retraite des baby-boomers et la hausse des frais de santé devraient continuer à creuser le déficit dans les prochaines années. Politiquement parlant, cette bonne nouvelle a un effet pervers : elle repousse à plus tard le franchissement du plafond de la dette et "laisse les démocrates et républicains dubitatifs quant à l'opportunité de se lancer dans un nouveau cycle de négociations sur de pénibles coupes dans des programmes tels que les pensions de retraite, le Medicare [assurance-maladie pour les personnes âgées], et sur de nouvelles hausses d'impôts".
Pour l'instant, estime le quotidien new-yorkais, "le déficit ne fait que s'auto-réparer". Par ailleurs, les suppressions massives d'emplois publics et les hausses d'impôts risquent à terme de peser sur la consommation et de freiner l'économie....
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