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mardi 14 mai 2013

Enfouissement des déchets radioactifs : les points qui fâchent

                                                          Sciences et avenir

Enfouissement des déchets radioactifs : les points qui fâchent

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Ce 15 mai 2013, s'ouvre le débat public sur le projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) des déchets de haute et moyenne activité à vie longue à Bure (Haute-Marne). Sciences et Avenir fait le point sur les sujets sensibles.

Le futur site d'enfouissement des déchets radioactifs à Bure POL EMILE/SIPA
                                                Le futur site d'enfouissement des déchets radioactifs à Bure POL EMILE/SIPA

Enfouissement, entreposage et recyclage
En théorie, le débat doit permettre de discuter de tout, y compris de la pertinence d’un enfouissement à 500 mètres sous terre dans des couches d’argile stables de déchets très dangereux, issus principalement des centrales nucléaires d’EDF. Les autres solutions sont la séparation/transmutation des radionucléides et l’entreposage en surface et sub-surface. La loi de 2006 a tranché en faveur de l’enfouissement, aussi il sera difficile aux opposants d’obtenir un retour en arrière.

La réversibilité
En 2006, le législateur a imposé à l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) que les déchets puissent être retirés du centre de stockage pendant au moins cent ans. Il s’agissait de prendre en compte d’éventuels progrès techniques permettant un recyclage de ces déchets ou une réutilisation à des fins énergétiques. L’Andra s’y est plié non sans rappeler que le centre n’a pas vocation à rester ouvert. Le coût de Cigéo évalué entre 13,5 et 16,5 milliards d’euros sur 100 ans impose un « service rendu » qui doit couvrir des dizaines de milliers d’années. En clair : passé les cent ans, on ferme définitivement et on laisse le temps faire son œuvre. Les enveloppes d’acier mettront quelques siècles à se décomposer, puis l’argile, en théorie, servira d’ultime linceul. Un scénario que conteste bon nombre d’opposants estimant que l’oubli est une mauvaise politique.

 
Schéma du projet Cigéo (Andra)

L’arrêt du nucléaire
Le débat sur Cigéo recoupe celui sur la transition énergétique organisé par le gouvernement qui a lieu au même moment. Cigéo n’aura pas en effet la même fonction ni le même type de déchets à accueillir selon que les Français décident ou non de sortir du nucléaire. Cigeo est prévu pour stocker 10 000 m3 de déchets de haute activité (60 000 colis) et 70 000 m3 de déchets de moyenne activité. Ce volume correspond à un renouvellement du parc nucléaire français avec une exploitation du parc actuel sur 50 ans. L’Andra fait dans ce cas l’hypothèse que tous les combustibles consommés par les 59 réacteurs actuels (les 58 en service et l’EPR de Flamanville) seront retraités sous forme de MOX avec un nouveau parc de réacteurs capable de consommer le plutonium  qui n’aura pas été recyclé par le parc actuel.
En cas de sortie du nucléaire, le traitement du combustible et la production de MOX s’arrêterait puisqu’il n’y aurait pas de réacteurs pour le brûler. Dans ce cas, ce sont les barres de combustible qui seraient stockées (soit 57 000 assemblages pour 90 000 m3), et la configuration du centre en serait modifiée. Il ne s’agirait plus de stocker des colis de 70 cm de diamètres mais des barres de 4 m de long. Quels que soient les choix effectués, il faudra de toute façon trouver une solution pour les 5 700 m3 déjà produits par le fonctionnement du parc actuel....
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