ArcelorMittal – Florange : « Nous devons exiger le retrait de l’accord passé entre le gouvernement et Mittal le 30 novembre 2012 ! »
Les suppressions d’activité (deux laminoirs seraient concernés) sur le site de Basse-Indre en Loire Atlantique sont également maintenues dans le cadre d’un plan stratégique pour la société AMAL (Arcelor Mittal Atlantique et Lorraine).
Selon la direction, il n’y aurait aucun licenciement mais des suppressions d’emplois avec 610 départs à la retraite sur trois ans à Florange et 1500 au niveau d’AMAL. Selon un syndicaliste : « la direction évoque un plan de compétitivité pour l’emballage pour AMAL avec une réorganisation entre les sites, et une réorganisation des fonctions supports, mais elle ne donne pas de détails sur l’impact en matière d’emploi ».
Dans la matinée une délégation des organisations syndicales CGT, CGT-FO et CFDT a été reçue par le conseiller social de François Hollande, Michel Hahiel. Les syndicats ont exigé une réunion tripartite Etat-syndicats-direction « pour rouvrir le dossier de la nationalisation ».
La presse a souligné la déception et la colère des responsables syndicaux, à leur sortie : M. Hahiel leur a indiqué que l’Elysée et Matignon « se portent garants » de l’accord du 30 novembre entre le Gouvernement et Arcelor Mittal. Sur France Inter aux infos du midi, hier 23 janvier, Marc Michel, CFDT commentait : « On est venu demander le retrait de l’accord gouvernement- Mittal… et voilà comment on est reçus. Ce gouvernement, on se demande parfois si c’est pas pire que le précédent… ».

« Nous devons exiger le retrait de l’accord passé entre le gouvernement et Mittal le 30 novembre 2012 ! »
ARCELOR MITTAL – Florange – le 21 janvier - « 30 000 ont signé la pétition pour nationaliser la sidérurgie. C’est la volonté majoritaire contre l’accord passé entre le gouvernement et Mittal ! » titre le tract du POI (cliquer ci-contre pour télécharger et imprimer) qui rend compte de l’assemblée générale des 500 sidérurgistes réunis à La Passerelle à Florange la semaine dernière. « Nous devons exiger le retrait de l’accord passé entre le gouvernement et Mittal le 30 novembre 2012 !« .
Lionel Buriello de la CGT a précisé : « On dénonce l’accord : c’est la baisse des investissements, la suppression de 629 emplois, la mise sous cocon de la filière liquide, la mort des hauts fourneaux, la fin d’Ulcos. » Même constat pour Walter Broccoli de FO : « Les engagements pris par Mittal et le gouvernement ne conviennent pas à FO. Nous sommes contre l’accord.»
En effet, avec cet accord, ce sont « 629 emplois en moins aux hauts fourneaux, moins 130 à GEPOR et moins 600 chez les sous-traitants » a informé Edouard Martin de la CFDT. Il est clair que cet accord acte des suppressions d’emplois en masse sur tout le site de Florange. Pascal Grimmer de FO l’a confirmé : « L’intersyndicale s’est formée pour défendre les emplois. Le site va perdre beaucoup d’emplois. »
Le député PS sifflé
Si l’exigence des syndicalistes et des sidérurgistes s’est exprimée contre l’accord, il n’en va pas de même pour les élus politiques présents. Le député PS Liebgott a défendu l’accord : « Hollande et Ayrault ont proposé un accord. Hollande c’est le patron ! Ayrault : c’est lui qui a voulu continuer avec Mittal et le comité de suivi permet de travailler dans ce sens.» Il a été sifflé !
Que proposent ceux qui siègent
dans le comité de suivi de l’accord ?
Un projet de « loi Florange »
dans le cadre de l’accord de flexibilité
(que CGT et FO n’ont pas signé) ?
Le comité de suivi de l’accord est en place. FO et CGT n’y siègent pas, ils ne veulent pas accompagner la casse. Liebgott y siège avec Masseret, président PS du conseil régional de Lorraine, Tarillon, maire PS de Florange, Patrick Weiten, président UDI du Conseil général de Moselle, Edouard Martin de la CFDT.
Que proposent ceux qui siègent dans le comité de suivi de l’accord ? Que le projet du repreneur Bernard Serin soit rendu public et que le projet de « loi Florange », obligeant un patron à céder une usine rentable promise à la fermeture, soit votée. Mais qui va décider si l’usine est rentable ? De plus voter cette loi, comme un amendement à la future loi transposant l’accord national sur la flexibilité de l’emploi (que nationalement, FO et CGT n’ont pas signé), reviendrait à livrer les travailleurs de ces usines pieds et mains liés aux patrons, qui pourraient baisser les salaires et augmenter le temps de travail tout à fait légalement !
Le député PS Liebgott propose que mercredi 23 janvier à l’assemblée nationale, au moment où la pétition pour la nationalisation est transmise, de poser la question au gouvernement « rendez public le projet de Bernard Serin. »
Les députés interpellés
Pourquoi ne pas poser la question : « retirez l’accord passé entre le gouvernement et Mittal le 30 novembre 2012 » ?
C’est Jean Mangin de la CGT qui interpelle les élus : « Je m’adresse aux élus : avant, vous étiez avec nous, maintenant avez-vous tourné la veste ? Vous êtes là pour défendre la Lorraine. On est face à un gouvernement de gauche, on a des revendications, on veut pouvoir discuter et négocier en dehors du comité de suivi, car on dénonce l’accord. Il y a la colère et les frustrations. La pire des choses c’est que les « arracheurs de dents » sont au gouvernement ».
Pour Lionel Buriello de la CGT : « Comment peut-on dire : nous défendons la sidérurgie et trouver un accord avec Mittal qui dit le contraire ? C’est un mépris des travailleurs. »
D’ailleurs dans la salle il y a des réactions, un travailleur interpelle les élus : « Une question aux politiciens : j’ai 38 ans, je travaille à Longwy dans la métallurgie, qu’attendez-vous pour sauver nos emplois et nos usines ? »
Jean-Pierre Masseret, président PS du Conseil régional, propose : « Le conseil régional se bat pour un pôle d’excellence européen sur les matériaux de demain. Il y a un projet Serin, on a le devoir de le discuter. Il y aura une session du Conseil régional pour discuter de ce projet. » S’agit –il de discuter d’un projet industriel, alors que la question est celle du maintien de tous les emplois sur l’intégralité du site de Florange et des embauches nécessaires ? Est-ce la région qui peut garantir le maintien de tous les emplois ? Non, c’est au gouvernement de se porter garant !
« Ce serait être de gauche
que de verser 20 milliards
de crédits d’impôts aux capitalistes ? »
Pour Bertrand Mertz, maire PS de Thionville : « Il n’est pas judicieux d’attaquer le grand capital avec 1800 milliards de dettes (sifflets de tous les côtés). On est de gauche. » Les syndicalistes ont expliqué que depuis 2006, Mittal avait distribué 19 milliards de dividendes aux actionnaires et que le montant de la dette est de 18 milliards. Pour M. Mertz ce serait être de « gauche » que de verser 20 milliards de crédits d’impôts aux capitalistes, comme l’a voté l’assemblée nationale dans le cadre du pacte de compétitivité ? Ce qui permettra à Mittal de toucher 30 millions ! La dette n’est qu’un prétexte pour délocaliser les usines et baisser le cout du travail comme le prévoit l’accord national sur la flexibilité que FO et CGT n’ont pas signé.
Le député PS Liebgott s’est interrogé : « quelle politique européenne doit-on appliquer pour la sidérurgie ? » Rappelons que c’est l’Union Européenne qui a tout fait pour imposer la fusion entre Arcelor , Aceralia et l’Arbed afin de permettre à Mittal de s’implanter en Europe, que c’est bien au nom de l’Union Européenne que l’on a détruit les mines de fer et la sidérurgie !
La politique de l’Union Européenne, c’est, au nom de la concurrence libre et non faussée inscrite dans les traités européens, de laisser les mains libres aux multinationales pour organiser la guerre contre les travailleurs. Même si l’Union Européenne l’interdit, la seule solution c’est de passer outre et de nationaliser la sidérurgie, en garantissant le maintien de tous les emplois.
Peut-on trouver une issue ?
La situation est difficile, mais peut-on trouver une issue dans le cadre de la politique du gouvernement Hollande – Ayrault aux ordres de l’Union Européenne et des multinationales ?
Comment lever les obstacles pour construire l’unité sur un mot d’ordre clair ?
Il faudra bien à un moment ou à un autre nationaliser la sidérurgie, reconquérir tous les acquis: les services publics, la Sécurité sociale… et en finir avec la guerre et l’exploitation.
Pour cela, ne faut-il pas un parti qui refuse d’accompagner les directives de l’Union Européenne ?
Pas un parti en plus, contre les autres, mais un parti qui rassemble, qui se batte pour l’unité et qui se situe dans la lutte de classes.
Il faudra bien à un moment ou à un autre nationaliser la sidérurgie, reconquérir tous les acquis: les services publics, la Sécurité sociale… et en finir avec la guerre et l’exploitation.
Pour cela, ne faut-il pas un parti qui refuse d’accompagner les directives de l’Union Européenne ?
Pas un parti en plus, contre les autres, mais un parti qui rassemble, qui se batte pour l’unité et qui se situe dans la lutte de classes.
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