Jean-Pierre Mercier, délégué CGT, dans l'usine PSA de Saint-Ouen le 18 janvier (Photo Thomas Samson. AFP)
REPORTAGE Privés d'accès à l'usine depuis vendredi, les ouvriers d'Aulnay-sous-Bois s'organisent contre leur direction. Et veulent rappeler leur combat au grand public.
Aulnay-sous-Bois, ce mardi matin. Au café «le Renouveau», calés dans de confortables fauteuils ou accoudés au comptoir, cinq ou six clients se réchauffent en silence. Dix heures sonnent : de l’autre côté de la vitre, un flot d’hommes se déverse sur le pavé depuis l’immeuble voisin, qui héberge les bureaux locaux des syndicats. Les briquets cliquettent, les cigarettes fument. Des calicots rouges de la CGT mettent une touche de couleur sur les manteaux sombres.Quelques-uns, le bonnet enfoncé jusqu’aux sourcils, poussent la porte, commandent un café et discutent bruyamment. Ce sont des ouvriers grévistes de l’usine PSA d’Aulnay, promise à la fermeture d’ici 2014. Depuis mercredi dernier, ils sont en grève pour réclamer un plan social plus favorable aux salariés. Et depuis vendredi, la porte de leur usine est fermée et gardée par des vigiles. «Avarie technique», assure la direction, qui évoque aussi un climat de tension autour du piquet de grève. «Lock-out», estiment les salariés, persuadés qu’on tente de briser leur mouvement. «Ils pensaient qu’on se laisserait faire ? La blague!», entend-on dans le café.«Grévistes, pas sauvages»
Au deuxième étage de l’immeuble voisin, une grande pièce encore pleine de monde. Les grévistes viennent d’y achever leur assemblée générale, fermée à la presse. Dans un coin, on se tranche une brioche, on se sert une boisson chaude. Dans un autre, on fait la queue pour se faire inscrire comme gréviste et récupérer l’autocollant qui le prouve, à poser sur son badge. «On pointe tous les jours, matin et soir, explique Nasri Amar, délégué syndical SUD. Ça servira pour partager l’argent : avec les quêtes dans les grands magasins du coin et les dons d’associations, on a déjà recueilli plusieurs milliers d’euros.»L'évocation de violences au sein de l’usine indigne ce contrôleur, qui affiche quinze ans d’anciennté : «Il n’y a rien eu de cassé. Peut-être qu’il y a eu de petits dérapages, des poubelles renversées, mais c’est tout. On est des grévistes, pas des sauvages». Même déni de la part de Jean-Pierre Mercier, de la CGT : «On n’est pas des délinquants, mais des ouvriers qui se battent contre le chômage. On a fait rentrer les journalistes dans l’usine vendredi pour qu’ils constatent par eux-mêmes qu’il n’y avait pas de dégâts. Ils sont apparus depuis que nous sommes à la porte.»...Pour lire la suite de l'article,cliquer sur le lien ci-dessous
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