« Ni amendable ni négociable : l’accord Medef/CFDT ne doit pas devenir loi. Unité pour le retrait ! »
Retour sur un accord et ses suites
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Le gouvernement est pressé : le 6 mars, le Conseil des ministres examinera pour adoption le projet de loi transposant l’accord Medef/CFDT sur « la sécurisation de l’emploi ». Un accord (cf. notre précédent numéro) qui prétend démanteler le Code du travail, faciliter licenciements, déréglementation et baisse des salaires, et remettre en cause les prérogatives des confédérations syndicales. Un accord que la présidente du Medef, Laurence Parisot, a salué comme « potentiellement historique », et qui a arraché ce cri du cœur à un responsable syndical : « Un accord scélérat, encore un. Tout bénéfice pour le patronat. Les patrons pourront licencier plus facilement… pour “sécuriser l’emploi”. Cherchez l’erreur ! L’accord sur la sécurisation de l’emploi trahit les intérêts du salariat. Pour ceux qui signent cet accord, c’est la capitulation totale. Honte à la CFDT ! »
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Le gouvernement est pressé : le 6 mars, le Conseil des ministres examinera pour adoption le projet de loi transposant l’accord Medef/CFDT sur « la sécurisation de l’emploi ». Un accord (cf. notre précédent numéro) qui prétend démanteler le Code du travail, faciliter licenciements, déréglementation et baisse des salaires, et remettre en cause les prérogatives des confédérations syndicales. Un accord que la présidente du Medef, Laurence Parisot, a salué comme « potentiellement historique », et qui a arraché ce cri du cœur à un responsable syndical : « Un accord scélérat, encore un. Tout bénéfice pour le patronat. Les patrons pourront licencier plus facilement… pour “sécuriser l’emploi”. Cherchez l’erreur ! L’accord sur la sécurisation de l’emploi trahit les intérêts du salariat. Pour ceux qui signent cet accord, c’est la capitulation totale. Honte à la CFDT ! »
A l’heure où tombe le plan de 7 500 suppressions d’emplois à Renault, venant après les plans de PSA, Mittal et combien d’autres, cet accord touche aux problèmes les plus angoissants pour toute la population laborieuse.
Sans doute François Hollande a-t-il enregistré le refus de signer de la CGT et de la CGT-Force ouvrière comme un échec pour l’objectif qu’il s’était fixé : le « compromis historique ». Il ne désarme pas pour autant, décidé à satisfaire aux exigences de déréglementation et de balkanisation des droits ouvriers qu’implique son allégeance au TSCG, à l’Union européenne et au capital financier. C’est pourquoi il convoque une nouvelle conférence sociale en juillet. C’est pourquoi, aussi, il invite les organisations syndicales, signataires et non signataires, à participer à l’élaboration du projet de loi (1).
Cela pose une question : peut-on amender une loi dont la seule fonction est de détruire les droits ouvriers ? C’est ce que proposent les parlementaires de la « gauche » du Parti socialiste. C’est ce que revendique aussi André Chassaigne, président (PCF) du groupe du Front de gauche à l’Assemblée nationale. Interrogé par Paris Match («Le Front de gauche va-t-il se battre pour réorienter le sens de ce texte ? »), il répond : « Bien sûr, il n’est pas question pour nous de nous aligner derrière une volonté gouvernementale de ne pas toucher une ligne du texte (…). Quand un texte est proposé, on est là pour montrer les insuffisances, pour l’amender. »
Le conseil fédéral national du Parti ouvrier indépendant, pour sa part, a décidé de mener campagne pour aider à la réalisation de l’unité des travailleurs et de leurs organisations sur une exigence : le retrait, pur et simple, de l’accord Medef/CFDT et du projet de loi que le gouvernement prétend en tirer. C’est le premier pas pour bloquer la politique d’un gouvernement qui — de la réforme Peillon à la contre-réforme des retraites en préparation, en passant par l’acte III de la décentralisation — se contente d’exécuter les injonctions de la troïka (Union européenne, FMI, Banque centrale européenne) et du capital financier.
Ni amendable ni négociable : l’accord Medef/CFDT ne doit pas devenir loi. Unité pour le retrait !
(1) A quoi Bernard Thibault répond, le 18 janvier, qu’il enregistre « avec satisfaction que (…) la CGT aura voix au chapitre », précisant : « Nous allons avoir des séances de travail très concrètes avec le ministère du Travail pour regarder le texte dans le détail. »
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