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Des enseignants parisiens interpellent l’adjointe au maire de Paris:« Comment avez-vous pu nous lâcher à ce point-là ? » Une fédération syndicale propose la grève nationale d’avertissement
Hier soir à Paris s’est tenu une réunion publique sur la réforme des rythmes scolaires organisée par la mairie de Paris. Le débat houleux a duré plus de deux heures. Anne Hidalgo, représentant Bertrand Delanöe, a tenté de défendre le projet de la mairie de Paris contesté bruyamment par une salle d’environ 800 personnes très hostile au projet. La salle crie au « pipeau », un professeur au micro : « Comment avez-vous pu nous lâcher à ce point-là? ». « Après plus de deux heures, le débat s’achève comme il avait commencé. Sous les huées. » commente un journaliste du Parisien.
Mercredi 23 janvier, le conseil des ministres venait d’adopter le projet de loi sur la « refondation » de l’école de Vincent Peillon. La question des rythmes scolaires n’est pas dans la loi mais dans un décret qui devrait être finalement publié samedi au journal officiel d’après le ministère de l’Éducation. Les communes auront deux ans pour l’appliquer : dès la rentrée 2013 ou report en 2014.
Les enseignants, avec leurs syndicats, se sont mobilisés contre ces réformes leur reprochant de «territorialiser» l’école publique et de remettre en cause leur statut national en les plaçant sous l’autorité des mairies ou régions. Aprèsla grève massive des instituteurs parisiens de mardi dernier, des rassemblements d’enseignants avaient lieu dans toute la France mercredi, le 23, pour demander l’annulation de la réforme.
Des maires avaient fait part de leurs inquiétudes, en particulier en ce qui concerne le financement et les délais impartis pour mettre en œuvre la réforme. Le Premier ministre a annoncé devant l’Assemblée nationale qu’il a « demandé au ministre de l’Education nationale de prolonger d’un mois, jusqu’à la fin du mois de mars, la concertation sur les rythmes scolaires » et a rappelé qu’une enveloppe de 250 millions d’euros d’aide financière était prévue pour « les communes qui ont le plus de difficulté ». Pour alléger la pression financière sur les budgets des collectivités, le taux d’encadrement lors des activités périscolaires sera diminué. Chaque animateur devra désormais encadrer davantage d’enfants (14 au lieu de 10 pour les moins de 6 ans, 18 au lieu de 14 pour les autres).
Le 24 janvier, la fédération FO de l’enseignement, dans un communiqué, a indiqué qu’à la réunion des fédérations syndicales de l’enseignement – qui doit se tenir ce lundi 28 janvier – elle fera la proposition d’une grève nationale d’avertissement.
« Poursuivre et renforcer l’unité contre le projet de loi Peillon sur les rythmes scolaires » – tract du POI, le 23 janvier
Le 22 janvier, 90 % des professeurs des écoles parisiennes étaient en grève à l’appel de leurs organisations syndicales pour l’abandon du projet de décret sur les rythmes scolaires, dans le cadre de la « réforme Peillon ».
Ce projet n’avait reçu aucun assentiment des organisations syndicales lors du Conseil supérieur de l’éducation.
« Refondation de l’école », dit le ministre. « Destruction », disent les organisations syndicales.
Que gagneraient les enfants à la modification des rythmes scolaires (5 jours de suite sans coupure) allongeant le temps passé en garderie, avec des taux d’encadrement de 10 à 14 enfants par animateur pour les moins de 6 ans et de 14 à 18 pour les autres? Que gagneraient les enfants à l’éclatement de l’école de la République et, à terme, des programmes et des diplômes différents suivant « le territoire » où ils habitent ?
Il s’agit bien de la « territorialisation » qui remet en cause l’égalité d’accès à l’enseignement, et qui s’ins- crit dans un projet bien plus large : l’acte III de la décentralisation, les régions devenant maîtres d’œuvre, à la place de l’Etat, de la formation professionnelle initiale et continue ainsi que de l’orientation.
Les faits sont là : il s’agit d’un vaste processus de liquidation de l’école publique, laïque et républicaine, une et indivisible sur tout le pays.
Programmes et diplômes différents selon les territoires, alors même que ceux-ci sont le fondement dans la vie active des grilles de qualifications et de classifications reconnues nationalement (conventions collectives, statuts…).
Les enseignants, les parents et tous ceux qui sont attachés à l’égalité d’accès aux services publics sur tout le territoire national refusent la destruction de l’Education nationale.
Le 23 janvier, jour du Conseil des ministres qui a adopté le « projet Peillon », des milliers d’enseignants se sont rassemblés dans les départements ainsi qu’au ministère de l’Education nationale.
Le POI se prononce sans ambiguïté pour le retrait de la réforme Peillon, pour la défense de l’école laïque de la République, identique sur tout le territoire national.
Abandon du projet de décret sur les rythmes scolaires !
Retrait du projet du gouvernement !
(Tract national du POI du 23 janvier 2013)
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