Automobile : où sont passés les Français ?
C'était en 2005, PSA Peugeot Citroën et Renault roulaient des mécaniques. Avec 25,5 % de part de marché en Europe, la "voiture à vivre" à la française trouvait largement preneur à travers le Vieux continent. La 206, la Clio ou la C4 faisaient encore rêver les amoureux de l'auto tricolore. Le groupe Volkswagen, lui, ne détenait que 17 % de part de marché... Sept ans plus tard, c'est le retournement complet. Du haut de ses 25 % de part de marché, l'Allemand regarde ses deux concurrents français, qui ne vendent plus qu'une voiture sur cinq en Europe, se débattre dans la crise automobile actuelle.
En chute sur tous les marchés, notamment dans le sud de l'Europe où ils sont historiquement bien installés, Renault et PSA doivent se restructurer en profondeur. Alors que PSA va fermer d'ici 2014 l'usine d'Aulnay, au nord de Paris, Renault, dont l'Etat détient encore 15,01 %, multiplie les accords de compétitivité sur ses sites européens. "Avec un marché en chute de 20 % depuis 2007, tous les constructeurs généralistes souffrent en Europe, juge Gérard Morin, du cabinet PriceWaterhouseCoopers. Ecoulant moins de véhicules, ils font moins tourner leurs usines et (...) entrent dans un cercle vicieux : moins de production, pertes financières avec la multiplication des remises pour écouler les stocks, moins d'investissements en recherche et développement et donc retards dans le renouvellement des modèles..."
En Europe, PSA ou Renault sont en train de voir leur marché habituel se restreindre de plus en plus. Sur leur segment traditionnel, petites citadines et voitures compactes, les Français, comme Ford, Fiat, et même le leader Volkswagen - que l'Elysée soupçonne de vouloir ainsi tuer PSA -, se mènent une guerre des prix sans pitié...
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