Les 7 jours qui ont changé Hollande
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Par Sylvain Courage
Des coups, des plaies, des bosses... Depuis son installation à l'Elysée, le président n'a pas avancé sur un lit de roses. Pour "l'Obs", il se souvient. Et il commente.
S'il ne défend pas son bilan, qui le fera ? De sa première année passée à l'Elysée, François Hollande ne regrette rien, ou si peu. "J'ai dû agir face à une crise exceptionnelle. De nombreuses réformes ont été adoptées. Elles porteront leurs fruits. Mais je ne pouvais pas aller plus vite. Ce dont je me rends compte, en revanche, c'est que nous n'avons pas bénéficié de la moindre indulgence."
Pacte de compétitivité, création de la Banque publique d'Investissement, accord intersyndical sur la sécurisation de l'emploi, intervention au Mali, mariage pour tous... En se retournant sur le chemin parcouru, le chef de l'Etat retrace le premier acte de son mandat rythmé par des "décisions importantes et courageuses". Mais comment expliquer alors que seul un Français sur quatre déclare avoir encore confiance en lui ? "En France comme dans toutes les démocraties, la cote de l'exécutif est corrélée au taux de chômage. Celle de François Hollande a atteint son plus bas au moment même où le pays comptait le plus grand nombre de chômeurs depuis 1997", avance Aquilino Morelle, conseiller politique à l'Elysée. CQFD.
Pourtant la crise n'explique pas tout. Comment le nouveau président en est-il arrivé à susciter tant de critiques ? Quelles erreurs a-t-il pu commettre ? Quand son destin a-t-il basculé ? Retour en sept dates clés sur une première année qui a commencé dans l'excitation du changement et qui s'achève dans l'attente crispée des résultats...
15 MAI 2012 : le choix de Cahuzac
A L'Elysée, dans le bureau du président, François Hollande et Jean-Marc Ayrault dressent la liste des futurs ministres. Il y a urgence. Le soir même, le président est attendu à Berlin où il doit rencontrerAngela Merkel pour la première fois. Certaines attributions posent problème. La parité est un casse-tête ? Mais s'il est un nom sur lequel les deux têtes de l'exécutif tombent vite d'accord, c'est bien celui de Cahuzac !
| Jean-Marc Ayrault et François Cahuzac (au centre) le 15 mai 2012. (Chesnot-Sipa) |
Ayrault est formel : "Pour le budget, Jérôme est le meilleur." Au gouvernement, le Premier ministre nommé depuis deux jours veut être entouré de "parlementaires compétents". Et le député de Villeneuve-sur-Lot passe pour le meilleur spécialiste des finances publiques.
Il était apprécié par la gauche et même loué par la droite pour son expertise", se souvient François Hollande.
Chargé des questions budgétaires dans l'équipe de campagne, Cahuzac a chiffré son projet présidentiel. Une première. Bien sûr, François Hollande s'inquiète un peu de l'arrogance et de l'impétuosité du personnage. A l'annonce surprise d'une tranche d'imposition à 75% pour les super-revenus, Cahuzac, qui n'avait pas été mis suffisamment au parfum, a montré sa mauvaise humeur en direct à la télévision. Mais ce caractère bien trempé sera utile pour imposer des coupes dans les budgets ministériels...
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