« Nous luttons contre des groupes islamistes au Mali ou en Algérie que l'on soutient en Syrie »
Vendredi 18 Janvier 2013 à 15:32 | Lu 5251 fois I 26 commentaire(s)
PROPOS RECUEILLIS PAR RÉGIS SOUBROUILLARD
Ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, Alain Chouet revient pour «Marianne» sur la prise d'otages survenue sur le site gazier d'In Azemas en Algérie, le parcours du chef présumé des preneurs d'otages, l'opération française au Mali mais aussi l'ambigüité des puissances occidentales vis-à-vis de pays, soutiens financiers de ces groupes islamistes.
Marianne : Qui est Mokhtar Belmokhtar, le chef des preneurs d'otages ?
Alain Chouet : Mokhtar Belmokhtar c’est quelqu’un que l’on connaissait bien dans les années 90 parce qu'il avait plus ou moins fricoté avec le GIA avant de se reconvertir dans les trafics en tous genres en particulier de cigarettes, ce qui lui avait valu le surnom de « Mr Marlboro », mais aussi de matériels japonais et d’armes puis après de drogues quand les canaux du trafic ont évolué de l’Amérique du Sud vers l’Amérique du Nord puis les côtes africaines. Le tout dans la zone des trois frontières, Mauritanie, Algérie, Mali. Il était dans le grand banditisme. Quand le GIA a du quitter la zone du nord de l’Algérie sous les coups de butoir de la répression, il s’est drapé dans le Drapeau vert parce que c’est plus valorisant de dire « je suis un grand militant islamiste »plutôt que« je suis un grand trafiquant ». Il était le roi du pétrole dans cette zone, jusqu’à ce que d’autres comme Abou Zeïd viennent dans son coin. Ce qui a donné lieu à pas mal de frictions. Par exemple, autour de nos deux jeunes otages tués au Niger, il y a un affrontement entre Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd. C’est à qui va payer les otages de l’autre car c’est leur principale source de revenus. Ils cherchent d’abord le pognon avant la révolution islamique.
Certains observateurs évoquent le rôle ambigu des services de ...
Alain Chouet : Mokhtar Belmokhtar c’est quelqu’un que l’on connaissait bien dans les années 90 parce qu'il avait plus ou moins fricoté avec le GIA avant de se reconvertir dans les trafics en tous genres en particulier de cigarettes, ce qui lui avait valu le surnom de « Mr Marlboro », mais aussi de matériels japonais et d’armes puis après de drogues quand les canaux du trafic ont évolué de l’Amérique du Sud vers l’Amérique du Nord puis les côtes africaines. Le tout dans la zone des trois frontières, Mauritanie, Algérie, Mali. Il était dans le grand banditisme. Quand le GIA a du quitter la zone du nord de l’Algérie sous les coups de butoir de la répression, il s’est drapé dans le Drapeau vert parce que c’est plus valorisant de dire « je suis un grand militant islamiste »plutôt que« je suis un grand trafiquant ». Il était le roi du pétrole dans cette zone, jusqu’à ce que d’autres comme Abou Zeïd viennent dans son coin. Ce qui a donné lieu à pas mal de frictions. Par exemple, autour de nos deux jeunes otages tués au Niger, il y a un affrontement entre Mokhtar Belmokhtar et Abou Zeïd. C’est à qui va payer les otages de l’autre car c’est leur principale source de revenus. Ils cherchent d’abord le pognon avant la révolution islamique.
Certains observateurs évoquent le rôle ambigu des services de ...
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