Giscard inquiet de risques d'évolution néocolonialiste au Mali
Reuters/Reuters - Militaires français sur une base de l'armée de l'air malienne à Bamako, lundi. L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a mis en garde mercredi dans le quotidien Le Monde contre "une évolution
PARIS
(Reuters) - L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing a mis en garde mercredi
contre "une évolution de l'action de la France au Mali, qui serait de type
néocolonialiste".
Au
sixième jour de son intervention, l'armée française, qui a entrepris une
opération terrestre au Mali tout en poursuivant ses frappes aériennes contre
les groupes islamistes, progressait vers le nord du pays, bastion des
djihadistes.
"Une
frappe aérienne pouvait être justifiée pour stopper une avance qui menaçait
Bamako, avant que la force d'intervention africaine, décidée par l'ONU,
n'arrive ", estime Valéry Giscard d'Estaing dans Le Monde.
"Des
frappes aériennes dans le nord et l'est du pays atteindraient des populations
civiles et reproduiraient les destructions inutiles de la guerre en
Afghanistan", ajoute-t-il toutefois, mettant en garde "contre une
évolution de l'action de la France au Mali, qui serait de type
néocolonialiste".
Concernant
le déploiement au sol de soldats français, pas encore confirmé au moment où Le
Monde a interviewé l'ex-chef de l'Etat, il estime qu'une "intervention
directe sur le terrain n'est pas justifiée".
"La
France doit s'en tenir strictement à son soutien logistique aux forces
africaines", juge-t-il.
L'intervention
militaire française au Mali a été saluée par l'ensemble de la classe politique.
Jusque-là,
seul l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin avait émis publiquement
des réserves sur l'opération française.
Dans
les colonnes du Journal du dimanche, il estimait qu'aucune des conditions
nécessaires à la réussite d'une opération militaire n'était réunie dans cette
ancienne colonie française.
Chine
Labbé, édité par Yann le Guernigou
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