TUNISIE. LA REVOLUTION A DEUX ANS (3/3)
La trahison
MARTINE GOZLAN - MARIANNE
C’était le 23 janvier 2012. La révolution avait fêté son premier anniversaire neuf jours plus tôt. Deux hommes sortent du Palais de justice de Tunis.
Le mausolée Sidi Bou Saïd, incendié ce samedi 12 janvier par les
salafistes - HAMMI/SIPA
C’était le 23 janvier 2012. La révolution avait fêté son premier anniversaire neuf jours plus tôt. Deux hommes sortent du Palais de justice de Tunis. Ils marchent, le pas pressé, vite encerclés et insultés par un groupe hostile. Ziad Krichen, directeur du quotidien arabophone « Le Maghreb », et Hamadi Redissi, professeur de sciences politique et essayiste surdoué( « Le pacte de Nadjd » et « la tragédie de l’islam moderne » parus au Seuil ), viennent de témoigner en faveur de Nabil Karoui, le directeur de la chaine de télévision Nessma. Karoui est sous le coup d’une accusation d’offense à l’islam pour avoir diffusé le film de Marjane Satrapi « Persépolis ». Ils se hâtent, sans répondre aux cris de haine qui fusent. Mais Ziad Krichen est frappé, Redissi tabassé lui aussi. Dans le tumulte, les agresseurs se dispersent et disparaissent.
Un an plus tard. Nous sommes le 14 janvier 2013. Sidi Bou Saïd, le paradis bleu de la Tunisie touristique et solaire, voit son ciel pur couvert de cendres : un commando salafiste a brûlé ce week-end le mausolée du saint local, le marabout qui a donné son nom au village. Tout le monde connaît Sidi Bou Saïd, ses terrasses et sa douceur de vivre qui a tenté de résister à tout, au fil des tumultes. En Tunisie comme en France, les multiples amis du village sont sous le choc. ..
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