OTAGES EN ALGERIE
Terrorisme en Algérie : le retour du djihad sur son sol natal
Jeudi 17 Janvier 2013
MARTINE GOZLAN - MARIANNE
Avec la prise d’otages du bassin gazier d’In Amenas, le monde redécouvre la malédiction algérienne : un djihadisme dont l’histoire remonte à plus de deux décennies et qui n’a jamais été vraiment vaincu par Alger.
C’est l’éternel et sanglant retour du djihad sur son sol natal. Ils sont algériens, très algériens, ces preneurs d’otage qui ont semé la terreur sur le site gazier d’In Amenas, à 1300 kilomètres au sud-ouest d’Alger, près de la frontière libyenne. L’armée algérienne leur a donné l’assaut à la manière locale, elle aussi, sans négociations, en larguant des bombes depuis les hélicoptères, tuant plusieurs dizaines d’otages, le chiffre et les circonstances restent incertains à l’heure où nous écrivons ces lignes.
Vingt et un ans après l’interruption du second tour des élections législatives algériennes qui auraient assuré la victoire du Front islamique du Salut ( c’était le 14 janvier 1992), le monde redécouvre une Algérie qui n’a pas grand chose à voir avec les commémorations de son indépendance. Plus près de nous, et au cœur d’elle-même, l’intégrisme armé, qui a ensanglanté près d’une décennie de 1992 à 2000 ( 150 000 morts) ressurgit avec un sombre éclat.
Vingt et un ans après l’interruption du second tour des élections législatives algériennes qui auraient assuré la victoire du Front islamique du Salut ( c’était le 14 janvier 1992), le monde redécouvre une Algérie qui n’a pas grand chose à voir avec les commémorations de son indépendance. Plus près de nous, et au cœur d’elle-même, l’intégrisme armé, qui a ensanglanté près d’une décennie de 1992 à 2000 ( 150 000 morts) ressurgit avec un sombre éclat.
Il n’avait en réalité jamais vraiment quitté le sol algérien. Sa renaissance au Sahel sous la forme d’AQMI, Al Qaida au Maghreb islamique, se doublait d’une présence entêtante en Kabylie, berceau du GSPC, le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat, qui muta en AQMI en 2007. Le groupe des « Signataires par le sang », les « Moulathamines » de Mokhtar le Borgne, cerveau de la prise d’otages d’In Amenas, n’est qu’un énième avatar de l’antique GSPC. L’armée algérienne a toujours été en guerre contre les djihadistes. La chronique hebdomadaire locale fait état d’accrochages réguliers, d’opérations par hélicoptères contre les maquis « résiduels » des monts de Kabylie, au dessus de Boumerdès. « Résiduel », c’est le mot magique, incantatoire, qui permet de faire croire à une victoire totale, globale avec des poches d’islamistes armés aux abois. Ainsi, seront fortifiés le credo national, l’aura qui entoure le président Bouteflika depuis son élection en 1999 : l’intégrisme, veut-on croire, est définitivement mort. ..
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