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mercredi 16 janvier 2013

Les charlatans de la flexibilité


Marianne

Les charlatans de la flexibilité

Mercredi 16 Janvier 2013 à 05:00 | Lu 5712 fois I 32 commentaire(s)

LAURENT MAUDUIT*

C'est peu dire que la flexibilité du marché du travail est l'un des grands classiques du débat français. Pour cerner les véritables enjeux de la nouvelle confrontation qui s'est achevée les 10 et 11 janvier entre le patronat et les centrales, le mieux est donc de jeter un regard rétrospectif sur les joutes de ces trois dernières décennies.


Le plateau de l'émission télévisée «Il y a un truc» (Antenne 2) co-animé par Vonny et Gérard Majax, le 18 novembre 1975 - JEANNEAU MICHEL/SIPA
Le plateau de l'émission télévisée «Il y a un truc» (Antenne 2) co-animé par Vonny et Gérard Majax, le 18 novembre 1975 - JEANNEAU MICHEL/SIPA
C'est peu dire que la flexibilité du marché du travail est l'un des grands classiques du débat français. Voilà près de trente ans que la controverse rebondit sans cesse, alimentant périodiquement des négociations entre les partenaires sociaux, et tout autant de projets de loi, portés alternativement par la droite et par la gauche, prétendant dessiner les contours d'un «compromis historique».  

Pour cerner les véritables enjeux de la nouvelle confrontation qui s'est achevée les 10 et 11 janvier entre le patronat et les centrales, le mieux est donc de jeter un regard rétrospectif sur les joutes de ces trois dernières décennies. Car on peut y déceler tous les mensonges qui ont été proférés au nom de la flexibilité ; toutes les promesses qui ont été faites et jamais tenues. Cela éclaire d'ailleurs le risque social majeur pris par le gouvernement socialiste, dès l'été dernier, quand il a suggéré aux partenaires sociaux de trouver un accord sur le sujet, faute de quoi il préparerait de son propre chef un projet de loi.

Il y a d'abord les premières escarmouches, à la fin des années 70. Le Premier ministre de l'époque, Raymond Barre, cherche à donner les premiers coups de boutoir contre le code du travail, en créant des formes d'emploi précaire, connues sous le sobriquet de «stages Barre». Mais la tentative fait long feu. Présentant au pays leurs «110 propositions», les socialistes y consignent cette exigence - pour être précis, c'est la 22e proposition : «Le contrat de travail à durée indéterminée [CDI] redeviendra la base des relations du travail.» ...
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