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jeudi 17 janvier 2013

Les «Accords de Wagram», miroir aux alouettes


Les «Accords de Wagram», miroir aux alouettes

 Rédigé par Gérard Filoche le Mercredi 16 Janvier 2013
  à propos de l'auteur

GÉRARD FILOCHE

Gérard Filoche
Gérard Filoche, retraité après 30 ans comme inspecteur du travail, « tout corps plongé dans les entreprises reçoit une poussée égale au volume d’exploitation constatée ». Militant syndical et politique : « Si je n’avais pas été militant avant de faire ce métier, ce métier me l’aurait fait devenir ». Auteur de 20 livres consacrés au travail : ils concernent la vie intime, quotidienne, de millions de salariés. 93 % des actifs sont salariés, le saviez-vous ?
G. VARELA/20 MINUTES/SIPA

L’encensement de ces « accords de Wagram » (ils se sont tenus au siège du patronat) par les médias ne durera pas. La « couverture » du contenu de l’accord par un certain nombre de dirigeants politiques repose largement sur la méconnaissance de son contenu réel. Mais dès qu’on prend le temps de les lire, on est effaré.

Ce sont, en effet, des accords régressifs, signés par une minorité de syndicalistes : ils ne feront pas un seul chômeur en moins. Du point de vue de l’inversion de la courbe du chômage en 2013, ils sont hors sujet.

Il n’y a pas une seule avancée… sauf pour le patronat. Ce sont des accords dont une des principales caractéristiques est  de donner 4 milliards aux compagnies privées d’assurance en 2016. Ce sont des accords « AXA / Allianz / Mederic-Malakoff ».

Le plus grave c’est que ces « accords de Wagram » sont en quelque sorte les décrets d’application de la loi Warsmann, article 40, présentée par Sarkozy le 31 janvier 2012, publiée au Journal Officiel le 22 mars : les accords dits de « compétitivité-emploi » seront mis en œuvre et les licenciements facilités.

Il y a 8 syndicats en France : CGT, CFTD, FO, FSU, UNSA, SOLIDAIRES, CGC, CFTC.  Seulement 5, CGT, CFDT, FO, CGC, CFTC ont été associés par le Medef aux négociations. Les trois syndicats qui ont signé, sont largement minoritaires.

Depuis 2008, la loi établit que ce n’est plus le nombre de syndicats qui signe qui établit la majorité et la validité d’un accord, ce n’est plus un « vote par ordre » mais un vote « par tête ». Il faut donc un seuil de représentativité en nombre de voix de salariés derrière les syndicats  pour qu’un accord soit validé : ce seuil était fixé à 30 % jusqu’en 2012 et porté à 50 % en 2013.
Les trois directions CFDT, CGC, CFTC, étant totalement minoritaires sur ce coup, devraient ne pas faire bande à part, ne pas ratifier ces accords et tous leurs adhérents salariés devraient les pousser à revenir dans un cadre d’unité syndicale ! A elles 3, elles représentaient 38,69 % aux élections prud’homales, alors que la CGT et FO représentent ensemble 49,81 % et près de 54 % si on y ajoute les électeurs de Solidaires (les élections TPE ont confirmé ce niveau de représentativité).

L’accord étant minoritaire, le Parlement n’est absolument pas tenu de le « ratifier » tel quel. La majorité de gauche doit jouer tout son rôle pour contrer ce qu’a imposé le Medef. Il y va de la lutte contre le chômage !

En France, chaque fois que les licenciements ont été facilités, le chômage a augmenté. Partout ou la flexibilité a augmenté, le chômage a progressé y compris dans les pays scandinaves pris comme « modèle » :..
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