Le choc qui vient
L’EDITO d’INFORMATIONS OUVRIERES
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
par Daniel Gluckstein,
Secrétaire national du POI.
Il est rare que la presse capitaliste anglo-saxonne dresse des lauriers à la France. C’est pourtant le cas ces derniers jours. Le gouvernement français est félicité à la fois pour son intervention au Mali et pour la conclusion de l’accord Medef/CFDT dans lequel le Wall Street Journal voit « une victoire pour les employeurs », qui « gagnent une nouvelle flexibilité », et le Financial Times une « percée majeure » dans un système particulièrement « rigide ».
Guerre au Mali, accord Medef/CFDT : le gouvernement Hollande-Ayrault agit comme fidèle serviteur des intérêts de la classe capitaliste. C’est en son nom qu’il mène la guerre à l’extérieur, poursuivant l’aventure libyenne et étendant la politique de dislocation des nations à toute la région : après la Libye, le Mali, et demain l’Algérie ? C’est au nom des mêmes intérêts qu’il mène la guerre à l’intérieur contre sa propre classe ouvrière dont il voudrait briser le cadre des garanties collectives.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les Echos ne s’en cachent pas : « L’accord majoritaire en entreprise devient le socle de référence du dialogue social. » C’est vrai : si gouvernement et Parlement parvenaient à transcrire dans la loi l’accord Medef/CFDT, c’est le Code du travail qui serait menacé de pulvérisation, tandis que les confédérations syndicales verraient leurs prérogatives réduites à peau de chagrin (les patrons obtenant toutes facilités de déroger aux accords collectifs, par exemple en baissant les salaires, ou en augmentant le temps de travail, ou en imposant la mobilité « dans le cadre de l’entreprise »).
Il reste — et c’est le plus important — que même les plus enthousiastes regrettent que ce résultat soit « empoisonné », comme l’écrit le quotidien Die Zeit, par le refus des confédérations CGT-Force ouvrière et CGT d’apposer leur signature (1). Le « compromis historique » revendiqué par Hollande est ici mis en échec, reflétant le rejet grandissant de sa politique dans tous les secteurs de la population.
Certes, un large spectre d’union sacrée semble appuyer, pour l’heure, l’intervention au Mali (2). Certes, le gouvernement — logique avec sa ratification du TSCG et sa soumission à l’Union européenne — affirme vouloir transposer au plus vite l’accord scélérat Medef/CFDT. Mais, prenant appui sur ses organisations, la classe ouvrière n’a pas dit son dernier mot : un choc se prépare (3).
Le combat contre la guerre sociale déclenchée par le gouvernement Hollande-Ayrault à l’intérieur rejoint le combat contre la guerre déclenchée à l’extérieur contre le peuple malien. Comment aider les travailleurs et les jeunes, la population à avancer dans ce sens ? C’est à répondre à cette question que se consacreront les travaux du conseil fédéral national (CFN) du Parti ouvrier indépendant qui se réunit ces 19 et 20 janvier.
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(1) Die Zeit regrette aussi que la volonté de Hollande de « suivre le modèle allemand » se soit brisée sur le refus de signature des deux confédérations.
(2) On ne confondra pas l’aspiration légitime du peuple du Mali à recouvrer son unité et sa souveraineté avec les motivations de l’intervention française qui poursuit ici sa politique de dislocation des nations entamée en Libye…
(3) Certains, à la gauche du PS, critiquent le caractère « inégal » de l’accord (trop favorable aux patrons) et revendiquent « un rééquilibrage ». Même son de cloche dans L’Humanité, qui titre un article : « Un cheval, une alouette ». Rééquilibrage ? Amendement ? Non : unité des travailleurs et de leurs organisations indépendantes pour imposer le retrait, purement et simplement !
(1) Die Zeit regrette aussi que la volonté de Hollande de « suivre le modèle allemand » se soit brisée sur le refus de signature des deux confédérations.
(2) On ne confondra pas l’aspiration légitime du peuple du Mali à recouvrer son unité et sa souveraineté avec les motivations de l’intervention française qui poursuit ici sa politique de dislocation des nations entamée en Libye…
(3) Certains, à la gauche du PS, critiquent le caractère « inégal » de l’accord (trop favorable aux patrons) et revendiquent « un rééquilibrage ». Même son de cloche dans L’Humanité, qui titre un article : « Un cheval, une alouette ». Rééquilibrage ? Amendement ? Non : unité des travailleurs et de leurs organisations indépendantes pour imposer le retrait, purement et simplement !
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