Oui Cahuzac était protégé
– 3 AVRIL 2013CLASSÉ DANS : A CHAUD
François Hollande a fait ce qu’il a pu pour colmater la brèche. C’est-à-dire pour réduire l’affaire Cahuzac à la faillite morale d’un homme isolé. Le maître mot de cette stratégie coupe-feu relayée par la plupart des médiacrates : Cahuzac a agi seul, il n’a bénéficié d’aucune protection. Cette thèse officielle est fausse. Oui, Cahuzac a été protégé. Il n’aurait pas été ministre et ne le serait pas resté si longtemps sans de solides protecteurs. Je le dis tranquillement. Et je dis qui ils sont.
Cahuzac a d’abord été protégé par un puissant esprit de caste. Nul ne l’a exprimé aussi clairement que Pierre Moscovici. « Qu’il soit de droite ou de gauche, un ministre n’est jamais un salopard ». Voilà ce que déclarait Moscovici, devant les lecteurs du Parisien la semaine dernière, en réponse à mon intervention au Congrès du Parti de Gauche qui le mettait en cause dans les termes que vous savez. Il considère donc l’acte de nomination d’un ministre comme un certificat de moralité aussi inattaquable qu’une indulgence délivrée par le pape. Bien sûr c’est une idée tout à fait irréaliste. Il suffit de les écouter maintenant. Ils disent qu’ils ne pouvaient pas savoir, que l’on ne peut pas enquêter sur les futurs ministres et que l’on ne peut rien contre le mensonge d’un homme. Alors pourquoi Moscovici était-il aussi péremptoire? Qu’est-ce qui lui permettait de jurer de la moralité de tout ministre, inclus ceux des gouvernements de droite passés, si rien ne lui permettait d’en être sûr ? Voilà ce qu’est l’esprit de caste : la protection mutuelle que s’accordent un petit groupe de personnes qui se jurent mutuellement confiance et fidélité. C’est un ciment très efficace face à l’extérieur. Moscovici n’avait pas davantage le droit de douter de la moralité de Cahuzac qu’un cardinal de l’infaillibilité papale. C’eut été se dénoncer soi-même. Doit-on ensuite s’étonner de son attitude pendant l’affaire Cahuzac ? Qu’il n’ait jamais cherché autre chose qu’à le blanchir pour rétablir la foi de ses ouailles en la sainteté ministérielle ?Pour que le pouvoir de la caste reste inattaqué, il fallait que Cahuzac ne soit pas un salopard. Il ne pouvait donc avoir déposé sa candidature à la présidence de la commission des finances de l’Assemblée, accepté une nomination comme ministre du budget chargé prioritairement de la lutte contre la fraude fiscale, défendu ardemment des coupes dans les budgets publics, tout en cherchant lui-même à échapper au fisc. Et pourtant il l’était....
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