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vendredi 5 avril 2013

Les Français gagnés par une allergie fiscale


Les Français gagnés par une allergie fiscale

LE MONDE |  • Mis à jour le Par 

Le Monde

Alors que le gouvernement se bat pour réduire les déficits publics et la dette, les Français sont prêts à des sacrifices, mais pas n'importe lesquels. C'est ce qui ressort d'un sondage Ipsos CGI Business Consulting, réalisé du 15 au 20 mars auprès de 1 006 personnes pour Le Monde et Lire la société, à l'occasion de la22e Journée du livre politique.

A la question "s'il fallait demain faire des sacrifices pour améliorer la situation économique en France", 64 % d'entre eux se disent "personnellement prêts" àaccepter davantage de flexibilité sur le marché du travail. 57 % affirment qu'ils pourraient renoncer à trois ou quatre jours de congés payés dans l'année. En revanche, tout ce qui pourrait porter atteinte au pouvoir d'achat, qui a connu une baisse historique en 2012 (– 0,4 % selon l'Insee), est vivement rejeté : 85 % des Français refusent l'idée d'une augmentation de 10 % des impôts et des taxes.
REJET DES HAUSSES D'IMPÔTS
Le gouvernement, qui a fortement joué sur les hausses d'impôts au début du quinquennat, est prévenu : l'allergie fiscale guette et il n'a plus beaucoup de marge de manœuvre dans ce domaine, sauf à s'aliéner un grand nombre de Français. Le refus d'une hausse de 10 % des impôts et des taxes est largement partagé, quelle que soit la sensibilité politique. Il atteint 76 % chez les sympathisants PS, PCF etFront de gauche, et franchit la barre des 85 % chez les sympathisants MoDem etUMP et culmine à 97 % chez ceux du Front national.
Qu'ils soient de droite ou de gauche, les Français rejettent aussi massivement l'hypothèse d'une baisse de 10 % des revenus, avec des pics de 94 % chez les sympathisants FN et de 91 % chez ceux du PCF et du Front de gauche. Les projets consistant à désindexer les pensions de retraites ou à réduire le montant de certaines aides sociales s'annoncent délicats à mettre en oeuvre.
CLIVAGE À GAUCHE SUR LE MARCHÉ DU TRAVAIL
L'idée d'une flexibilité accrue du marché du travail bouscule la traditionnelle frontière gauche-droite. Elle est plébiscitée par les électeurs de droite (83%) et majoritairement acceptée par les sympathisants MoDem (64%) et socialistes (62%). Elle est en revanche massivement rejetée par les sympathisants PCF et FDG (78%), ce qui explique les tensions actuelles autour de l'accord sur la sécurisation de l'emploi. Chez ces derniers, s'il y avait des sacrifices à consentir, c'est le partage du travail qui reste l'idée à privilégier : 72% y sont favorables, contre seulement 59% chez les sympathisants du PS, 54% chez ceux du MoDem, 40% chez ceux de l'UMP et 24% chez ceux du FN.
En revanche, dès que l'on aborde l'hypothèse de repousser l'âge de la retraite à 65 ans, le clivage droite-gauche domine. L'électorat UMP (66 %) et MoDem (62 %) acceptent majoritairement l'idée. L'électorat de gauche la repousse, en majorité, et est rejoint par les sympathisants FN (63 %).
UNE SOCIÉTÉ FRANÇAISE PROFONDÉMENT DIVISÉE
Le reste du sondage confirme la division du pays et les difficultés rencontrées par l'actuelle majorité : 63 % des Français considèrent que la situation de la France s'est aggravée depuis mai 2012 et 33 % pensent que l'opposition ferait mieux que le gouvernement actuel. Cette proportion monte à 82 % dans l'électorat UMP qui n'a pas été du tout démobilisé par la défaite de mai 2012.

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