La guerre des classes en Europe
Par Julie Hyland
5 avril 2013
Les mesures punitives imposées à Chypre marquent un approfondissement qualitatif de l'offensive de guerre des classes de la bourgeoisie européenne.
Suivant les des termes dictés par la troïka – l'Union européenne (UE), la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international – le prêt bancaire de renflouement d'un montant de 10 milliards d'euros est lié à la destruction des bases économiques de la vie sur la petite île méditerranéenne. Ses principales banques sont fermées ou lourdement restructurées, avec des décotes (« haircut ») allant jusqu'à 60 pour cent sur les dépôts dépassant 100 000 euros, afin de rembourser la BCE.
Le fait que ce soit une opération de pillage de la part de sections plus puissantes du capital financier apparaît clairement dans le projet d' « accord de mise en pratique » entre le gouvernement chypriote et la troïka qui a été divulgué.
Marqué « sensible », il stipule que Chypre doit appliquer des « réformes structurelles » immédiates, dont une augmentation de l'âge de départ à la retraite, la réduction des emplois publics, des privatisations importantes, et un « plan » pour l'exploitation et « l'organisation par le marché » des ressources énergétiques du pays.
Il doit aussi établir « un système d'indexation proportionné » à la « compétitivité de l'économie ». Dans une situation où le PIB de Chypre devrait diminuer de 25 pour cent et le chômage doubler dans les deux ans à venir, cela signifie des coupes brutales dans les salaires.
Qu'est-ce qui explique une telle criminalité politique de la part de l'élite dirigeante ? Ses motivations ont été établies par Maria Damanaki, la commissaire européenne à la Grèce dans un entretien accordé à la radio FMTo Vima au moment où la crise de Chypre commençait à se développer.
« La stratégie de la commission européenne au cours des 18 ou 24 mois écoulés a été de réduire les coûts du travail dans tous les pays européens afin d'améliorer la compétitivité des compagnies européennes sur leurs rivales d'Europe de l'Est et d'Asie, » a-t-elle dit....
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