Affaire Cahuzac : "Ça devient difficile de dire qu’on est socialiste"
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A Paris et Marseille, les militants socialistes enragent, deux jours après les aveux de Jérôme Cahuzac.
Des jeunes socialistes le 17 juin 2012. (FRED DUFOUR / AFP)
Rire jaune et colère froide. Deux jours après les aveux de Jérôme Cahuzac, les militants socialistes accusent le coup et réclament des comptes. "C'est un attentat à la démocratie et un déni d'idéologie, un coup de massue qui va laisser des traces sur le parti", dénonce Charlie, retraité marseillais encarté au PSdepuis 34 ans.
C'est dégueulasse. On a été pris pour des imbéciles et maintenant on est spectateurs", soupire Clément Tavenard, animateur fédéral des Jeunes socialistes deParis.
"Avec la crise économique et le chômage qui augmente, on n'avait pas besoin de ça", déplore Louis, un fonctionnaire des Bouches-du-Rhône, encarté au PS depuis 30 ans.
La plupart d'entre eux admettent qu'ils s'attendaient à la mise en examen de l'ex-ministre du Budget. Mais leur déception n'en est pas moins profonde. "Les militants ont la rage", affirme Thierry Marchal-Beck, le président du Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS).
On ne s'est pas engagé en politique pour ça, mais pour parler des vrais sujets. Hélas, on ne le pourra pas. S'il y a une colère, c'est bien celle-là", poursuit le jeune homme de 27 ans.
"Un ministre des Finances mis en examen pour fraude fiscale. C'est terrible", répète Simon Payen, coordinateur des MJS à Paris, dans les 6e et 14e arrondissements.
"Beaucoup se demandent ce qu'ils font là"
Les socialistes l'ont d'ailleurs vite compris : le teint, déjà blême, de l'exécutif risque de pâlir encore davantage face au miroir brisé de la promesse d'une "République exemplaire".
Les mensonges de Cahuzac font symboliquement très mal. Comment voulez-vous qu'après ça, on aille expliquer aux citoyens les bienfaits de la réforme du marché du travail ?", interroge Grégoire Potton, qui dirige un courant réformiste au sein du MJS.
"Au vu de l'ampleur de la crise, le message du gouvernement ne doit pas être parasité. Or, il l'est complètement", poursuit Clément Tavenard. Et ce dernier de pointer le ras-le-bol qui gagne les rangs des socialistes : "Dix mois après la victoire, beaucoup de ceux qui nous ont rejoint se demandent ce qu'ils font là."
Chez les militants socialistes marseillais, qui ont déjà vu leur réputation ternie par l'affaire Guérini, les mensonges de l'ex-ministre du Budget avivent un sentiment de rupture avec leur parti. "Pendant les primaires, les présidentielles et les législatives, nous avons fait un travail ininterrompu. Nous avons sacrifié une partie de notre vie familiale. Tout ça, pour ça", se désole Mady, une sexagénaire marseillaise militant au PS depuis plus de dix ans. "Ça devient difficile de dire qu'on est socialiste", confie Charlie.
Le PS est devenu un parti de notables et de politiciens alors qu'il devrait être un parti de militants."
Tout aussi amer, le parisien Clément Tavenard invite sa formation à une sévère remise en cause : "Le PS doit rendre des comptes aux militants. On veut des responsables transparents. Sur cette question, le parti doit prendre conscience qu'il est à un niveau stratosphérique, et qu'il doit remettre les pieds sur terre."...
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