Valls rentre dans le rang après avoir suscité des tensions à gauche
Par Thierry MASURE | AFP – il y a 4 heures
AFP/AFP - Chouchou de l'opinion, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a provoqué par ses déclarations de vives tensions au sein du gouvernement et dans la majorité, notamment avec les écologistes, avant
Chouchou
de l'opinion, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls,
a provoqué par ses déclarations de vives tensions au sein du gouvernement et
dans la majorité, notamment avec les écologistes, avant d'obtempérer face au
refus de François
Hollande de réexaminer
le regroupement familial.
Lors du séminaire de
rentrée du gouvernement lundi, celui qui s'est fait une réputation d'homme à
poigne s'est interrogé sur "la compatibilité de l'islam avec la
démocratie" et a envisagé une révision à terme du regroupement familial en
s'inquiétant des conséquences pour l'Europe de la pression démographique en
Afrique. "La question du regroupement familial peut être posée",
confirmait le lendemain Manuel Valls, qui se pose volontiers en défenseur de
"l'ordre républicain".
Alors que la rentrée
s'annonce compliquée pour un exécutif toujours très impopulaire, Manuel Valls,
omniprésent tout l'été, avait déjà provoqué une polémique dans son camp en
critiquant la politique pénale plus souple prônée par Christiane Taubira. Puis
il avait joué l'apaisement, assurant travailler "main dans la main"
avec sa collègue de la Justice.
Ses nouvelles
déclarations ont déclenché une contre-offensive concertée d'Europe Ecologie-Les
Verts (EELV), dont l'université d'été, qui s'ouvre jeudi à Marseille, fera le
bilan de la participation des écologistes au gouvernement Ayrault.
Dans Libération
mercredi, la ministre du Logement, Cécile Duflot a pris le contrepied de son
collègue de l'Intérieur. Regroupement familial ? "Le droit de vivre en
famille ne souffre pas d'exception". Politique pénale ? "Ce n'est pas
en bourrant les prisons qu'on améliore la sécurité".
Son collègue délégué
au Développement, Pascal Canfin, ainsi que le chef de file des sénateurs EELV,
Jean-Vincent Placé, ont embrayé en accusant Manuel Valls de déclencher "le
désordre". Pascal Canfin s'est demandé "comment, si Manuel Valls
était Premier ministre, nous pourrions participer au gouvernement". Une
manière de saper les ambitions pour Matignon prêtées au ministre le plus
populaire.
"Il ne rend pas
service à la gauche"
François Hollande a
préféré éteindre aussitôt les braises en Conseil des ministres. "Le
président de la République a estimé que la politique migratoire et le
regroupement familial ne faisaient pas partie des débats de cette
rentrée", a fini par relater la porte-parole du gouvernement, Najat
Vallaud-Belkacem, manifestement embarrassée.
Mais d'après un autre
ministre, le chef de l?État a fait "un rappel à l'ordre" qui a été
"ferme". Fermeté confirmée dans l'entourage du président: "Il a
affirmé en ouverture du Conseil des ministres qu'il n'y avait pas de débat sur
les questions d'immigration, que le principe de regroupement familial n'était
pas remis en cause et a rappelé aux ministres le principe de solidarité
gouvernementale".
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