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mercredi 21 août 2013

Valls rentre dans le rang après avoir suscité des tensions à gauche

Valls rentre dans le rang après avoir suscité des tensions à gauche





Chouchou de l'opinion, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a provoqué par ses déclarations de vives tensions au sein du gouvernement et dans la majorité, notamment avec les écologistes, avant d'obtempérer face au refus de François Hollande de réexaminer le regroupement familial.
Lors du séminaire de rentrée du gouvernement lundi, celui qui s'est fait une réputation d'homme à poigne s'est interrogé sur "la compatibilité de l'islam avec la démocratie" et a envisagé une révision à terme du regroupement familial en s'inquiétant des conséquences pour l'Europe de la pression démographique en Afrique. "La question du regroupement familial peut être posée", confirmait le lendemain Manuel Valls, qui se pose volontiers en défenseur de "l'ordre républicain".
Alors que la rentrée s'annonce compliquée pour un exécutif toujours très impopulaire, Manuel Valls, omniprésent tout l'été, avait déjà provoqué une polémique dans son camp en critiquant la politique pénale plus souple prônée par Christiane Taubira. Puis il avait joué l'apaisement, assurant travailler "main dans la main" avec sa collègue de la Justice.
Ses nouvelles déclarations ont déclenché une contre-offensive concertée d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), dont l'université d'été, qui s'ouvre jeudi à Marseille, fera le bilan de la participation des écologistes au gouvernement Ayrault.
Dans Libération mercredi, la ministre du Logement, Cécile Duflot a pris le contrepied de son collègue de l'Intérieur. Regroupement familial ? "Le droit de vivre en famille ne souffre pas d'exception". Politique pénale ? "Ce n'est pas en bourrant les prisons qu'on améliore la sécurité".
Son collègue délégué au Développement, Pascal Canfin, ainsi que le chef de file des sénateurs EELV, Jean-Vincent Placé, ont embrayé en accusant Manuel Valls de déclencher "le désordre". Pascal Canfin s'est demandé "comment, si Manuel Valls était Premier ministre, nous pourrions participer au gouvernement". Une manière de saper les ambitions pour Matignon prêtées au ministre le plus populaire.
"Il ne rend pas service à la gauche"
François Hollande a préféré éteindre aussitôt les braises en Conseil des ministres. "Le président de la République a estimé que la politique migratoire et le regroupement familial ne faisaient pas partie des débats de cette rentrée", a fini par relater la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, manifestement embarrassée.

Mais d'après un autre ministre, le chef de l?État a fait "un rappel à l'ordre" qui a été "ferme". Fermeté confirmée dans l'entourage du président: "Il a affirmé en ouverture du Conseil des ministres qu'il n'y avait pas de débat sur les questions d'immigration, que le principe de regroupement familial n'était pas remis en cause et a rappelé aux ministres le principe de solidarité gouvernementale".

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