Deux ministres s’affrontent publiquement sur la réforme pénale
Dans cette note, qu’il n’avait pas jugé utile d’envoyer à Christiane Taubira, Manuel Valls souligne le caractère « politiquement sensible » de ce dossier et estime que « l’écart » entre leurs analyses « demeure trop important et appelle une clarification de nos orientations politiques » que seul le président de la République peut apporter. Le ministre critique l’automaticité de certaines réductions ou aménagements de peine préconisés et se dit persuadé qu’on ne peut « ignorer la question du dimensionnement du parc immobilier pénitentiaire », autrement dit du nombre insuffisant de prisons, pour expliquer « la surpopulation carcérale » auquel ce projet voudrait remédier.
La garde des Sceaux, selon Le Monde, entend défendre son projet et avertit qu’elle ne fera pas de nouvelles concessions : « Nous sommes au point au-delà duquel on ne peut aller sans dénaturer la réforme [...] telle qu’attendue et telle qu’annoncée pendant la campagne présidentielle ».
Matignon a tenté dès mardi de calmer le jeu en évoquant une « phase normale d’échanges préalables aux arbitrages ». Mercredi, Manuel Valls, après avoir assuré ne pas être à l’origine de la fuite qui a permis la divulgation de sa note, a lui aussi considéré que ce « débat » était « normal ».
Catégories: GOUVERNEMENT
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