Par FABRICE ROUSSELOT
Le pire serait la banalisation de la violence. Le pire serait de
ne plus réagir face aux meurtres qui s’égrènent semaine après semaine dans la
deuxième ville de France. En quarante-huit heures, un jeune a été criblé
de balles sur un trottoir, un autre a été poignardé et un
infirmier a été agressé. L’insécurité qui prévaut à Marseille
est intolérable et met en danger la République dans son entier.
L’Etat a eu raison de déployer six ministres hier dans la cité phocéenne,
Jean-Marc Ayrault en tête. L’Etat a aussi raison de renforcer les dispositifs
policiers en place. Mais l’honnêteté oblige à dire que cela
ne suffira pas à enrayer la spirale meurtrière. Après treize
assassinats depuis le début de l’année, il est impératif désormais que le plan
d’action évoqué il y a déjà un an par le gouvernement soit
mis en place à Marseille, en coopération étroite avec les élus
locaux. Minée par les trafics de drogue et d’influence, la ville
est aussi l’une des plus pauvres de France, avec des quartiers
trop longtemps laissés à l’abandon. La réponse à la violence se
doit d’être globale, économique et sociale, en s’inscrivant dans la durée.
La réflexion sur les zones de sécurité prioritaires (ZSP) ne peut être qu’un
point de départ à un engagement en faveur de moyens plus vastes. Surtout,
l’enjeu est tel qu’il doit échapper à toutes les tentatives
d’instrumentalisation à la veille des municipales. Marseille subit
une guerre de rues, elle n’a pas besoin d’une guéguerre politicienne indigne.
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