
Lundi 19 août 2013
La Une de l'édition du 19 août 2013
L'édito
Doutes
Par ALEXANDRA
SCHWARTZBROD
Mais qui est
réellement le général Abdel Fattah al-Sissi ? De la réponse à cette
question dépend l’avenir d’un pays central sur la carte proche-orientale.
Al-Sissi est le nouvel homme fort de l’Egypte, la chose est entendue.
Si l’on en doutait encore, il suffit d’être attentif
à ces mots, assénés devant les principaux chefs de l’armée
et de la police, hier, les premiers depuis le bain de sang
de mercredi : «Nous ne plierons pas.»Une façon
de montrer au pays, mais aussi à la communauté internationale, que c’est
lui, et bien lui, qui a la main. A la grande surprise des Occidentaux, une
bonne partie des Egyptiens, et notamment des libéraux, s’en félicitent. «L’effritement
de l’Etat, que les Frères musulmans ont grandement aggravé du fait de leur
politique sectaire, pro-islamiste et antinationale, est un énorme danger pour
le pays. D’où le sentiment actuel d’une solidarité nécessaire entre le peuple
et les appareils de l’Etat», nous
écrivait hier l’un d’eux, louant l’initiative des «comités
de quartier [désormais
illégaux, nldr] qui permettront de contrer le monopole que le
ministère de l’Intérieur voudrait reprendre dans la rue». Fort bien. Mais comment faire
confiance à un homme qui a donné l’ordre d’ouvrir le feu sur des
manifestants (provoquant la mort d’au moins 750 personnes en
quatre jours) et qui encourage la télévision nationale à afficher en continu le
logo «l’Egypte combat le terrorisme» ? Qui peut assurer que cet homme-là redonnera
un jour le pouvoir aux civils ?
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire