Mobilisation contre les nouveaux rythmes scolaires
Reuters/Reuters - Plusieurs milliers d'enseignants du primaire ont fait grève et manifesté jeudi, ici à Paris, pour protester contre la réforme des rythmes scolaires à l'heure où une majorité de Français estiment
PARIS
(Reuters) - Plusieurs milliers d'enseignants du primaire ont fait grève et
manifesté jeudi pour protester contre la réforme des rythmes scolaires à
l'heure où une majorité de Français estiment que cette promesse de campagne de
François Hollande doit être abandonnée.
Selon le ministère de
l'Education, 23% des enseignants en France, 41% à Paris, ont répondu à l'appel
de plusieurs syndicats. Le SNUipp-FSU Paris prévoyait 70% de grévistes et plus
de 150 écoles fermées dans la capitale.
Un rassemblement a été
organisé à la mi-journée devant la mairie de Paris. Des mouvements de grève
étaient prévus dans d'autres grandes villes, comme Lyon, Lille ou Marseille.
Le Premier ministre a
reconnu devant le Sénat que la "nécessaire" refondation de l'école
n'était pas oeuvre facile mais a réaffirmé que le gouvernement persévèrerait
"pour permettre la réussite de tous les enfants".
"Il y a des
conservatismes, il y a des rigidités, il y a des corporatismes, nous le savons.
Et en même temps, nous avons un gouvernement qui accepte le dialogue, qui
n'hésite pas à négocier, à modifier, mais qui ne doit pas perdre le cap, celui
du redressement de la France", a dit Jean-Marc Ayrault.
La fronde contre la
réforme, qui est entrée en vigueur dans 4.000 communes en septembre, a pris de
l'ampleur cette semaine avec l'annonce de plusieurs dizaines de maires, pour la
plupart de droite ou sans étiquette, de leur intention de boycotter l'application
"en l'état" de la réforme en 2014.
Les élus dénoncent un
manque de financement pour cette réforme qui signe le retour de la semaine de
4,5 jours supprimée par la droite en 2008. Ils entendent mettre la pression sur
le gouvernement avant le congrès des maires qui se tiendra la semaine prochaine
à Paris.
Leur initiative a
suscité la colère du ministre de l'Education Vincent Peillon qui a dénoncé
mercredi une forme de "délinquance civique" et appelé les élus à
reprendre leurs esprits.
"À CÔTÉ DE LA
PLAQUE"
Jeudi, c'est l'ancien
ministre de l'Education François Bayrou qui s'est livré à une attaque en règle
de la réforme.
"Cette réforme,
elle ne sera pas mise en place à la rentrée de 2014, en tout cas pas comme elle
est prévue", a-t-il déclaré, sur France Inter. "Le problème du pays
dans l'Education, ce n'est pas les rythmes scolaires, c'est que les jeunes
Français n'apprennent pas à lire."
"Si vous croyez
qu'aller faire (...) un atelier de jeu de cartes un heure et demie le mardi ou
fabriquer des scoubidous comme dans une école de Pau une heure et demie le
vendredi après-midi ça va apprendre aux jeunes Français à lire, c'est
complètement à côté de la plaque", a souligné le co-président de
l'Alternative (centre).
La réforme des rythmes
scolaires raccourcit les journées de 45 minutes et prévoit une demi-journée
travaillée supplémentaire (le mercredi ou sur dérogation le samedi). Le texte
prévoit en outre des activités culturelles ou sportives gérées par les
communes.
La réforme "va
créer des inégalités entre les grandes communes qui auront les moyens de mettre
en place des activités, et les petites qui ne les auront pas et feront de la
garderie", estime Anaïs, 30 ans, qui enseigne dans un village de l'Ain et
manifestait jeudi à Lyon où se sont rassemblées 1.700 personnes selon la
police, 3.000 selon les syndicats.
Le principal syndicat
des enseignants du primaire, le SNUipp-FSU, demande l'assouplissement du décret
sur les rythmes scolaires tandis que FO, SUD et la CGT réclament son
abrogation.
Plus d'un Français sur
deux (54%) souhaite l'abandon de cette réforme, selon un sondage CSA pour BFM
TV publié jeudi. Vingt-deux pour cent des personnes interrogées se prononcent
pour son maintien et sa généralisation à la rentrée 2014 et 24% en faveur d'un
délai supplémentaire pour son application.
Marine Pennetier, avec
Catherine Lagrange à Lyon, édité par Sophie Louet
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