Un article du Monde ( La Toile de l'éducation , mercredi 13 novembre 2013)
Londres, Madrid, Athènes, Sofia, Istanbul : la colère des campus
Austérité. La révolte gronde sur les campus européens, de Londres à Istanbul en passant par Athènes et Madrid. Les raisons de la colère sont fort diverses, bien que l'austérité soit en tête des préoccupations. Au Royaume-Uni d'abord, les personnels des universités et des collèges appellent à unenouvelle grève, le 3 décembre, qui fera suite à celle, très soutenue, du 31 octobre, première grève nationale depuis sept ans. En cause : la proposition du gouvernement d'augmenter de 1 % les salaires, alors que les revenus ont, depuis 2008, chuté de 13 %. L'austérité ne touche d'ailleurs pas tout le monde, puisque les vice-chanceliers, l'équivalent de nos présidents d'université, ont, eux, vu leur salaires augmenter d'en moyenne 5 000 livres en 2011-2012.
Mécénat. Les étudiants espagnols, ensuite, subissent de plein fouet l'austérité. A Madrid, les frais d'inscription ont augmenté de 68 %, et à Malaga, de 33 %, comme le relate Le Journal international. La solution pour les étudiants serait, comme le suggère la rectrice de l'université de Malaga, de se faire parrainer par un mécène ! Pour ceux qui voyagent en Erasmus s'ajoute la crainte de voir le paiement de leur bourse interrompu, mesure heureusement écartée pour l'instant. En Grèce, la cure imposée par le gouvernement est sévère et impose une réduction globale de 40 % des personnels des universités, celle d'Athènes étant la plus touchée.
Démission. Plus politiques sont les mouvements bulgare et turc. Depuis deux semaines, les étudiants bulgares bloquent l'accès de leurs universités et réclament la démission du gouvernement soutenu par les socialistes, qu'ils estiment trop lié à l'oligarchie. Selon Libération, 18 des 51 universités bulgares sont touchées par ce mouvement. En Turquie, les étudiants, eux, se révoltent contre le gouvernement qui entend interdire la mixité dans les résidences universitaires et les colocations. Lundi 5 novembre, le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, a ainsi annoncé avoir ordonné aux préfets de remédier aux cas de cohabitation mixte, intolérables au regard de la morale prônée par son Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste, au pouvoir depuis 2002). "Nous n'avons pas autorisé et nous n'allons pas autoriser que les filles et les garçons restent ensemble dans les résidences [pour étudiants] appartenant à l'Etat", a-t-il déclaré, lors de son discours hebdomadaire devant les députés de l'AKP. Le pouvoir a déjà fait fermer les dortoirs mixtes dans les trois quarts des résidences des universités publiques et veut poursuivre le mouvement. Mais la tension est montée d'un cran, dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 novembre, avec l'irruption de six policiers au domicile de trois étudiantes de la ville de Manisa, comme le relate le correspondant de La Libre Belgique.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire