La situation est-elle révolutionnaire ?
C'était écrit. Si la politique n'est pas toujours une science exacte, les
mêmes causes produisent souvent les mêmes effets : le désarroi du régime, sur
fond de démoralisation nationale et de fronde antifiscale, était tout à fait
prévisible. Ne faisons pas les étonnés.
Avis de tempête sur la
France. Avec un vent de force
10où
l'hystérie le dispute à l'éructation. Le temps est désormais aux braillards,
aux europhobes et aux haineux en tout genre, tandis que décline dangereusement
l'étoile des partis traditionnels. La situation est-elle révolutionnaire ?
Même si les bonnets phrygiens poussent comme
des champignons sur les cortèges bretons, il faut se méfier des prédictions dès lors qu'elles
concernent... l'avenir. On s'épargnera donc le ridicule d'annoncer, comme les
prophètes de bistrot ou les bravaches des tréteaux, le grand soir incessamment
sous peu.
Le communisme et ses avatars ne sont plus que
des remugles au fond des poubelles de l'Histoire. Rien à craindre de ce côté-là. Mais force est de constater
que la situation actuelle présente des similitudes passablement troublantes
avec les décennies qui ont précédé 1789.
Dans un grand
classique, L'Ancien Régime et
la Révolution, Alexis de Tocqueville avait énuméré quelques-unes des
raisons qui avaient mené à la prise de la Bastille et à la suite que l'on sait.
Apparemment, ces raisons sont toujours là, deux siècles plus tard. Rien de
nouveau sous le soleil, pardon, les nuages de France.
Qu'est-ce qui a provoqué la Révolution de 1789
? La fiscalité, la centralisation et la
bureaucratie. Sans oublier les privilèges et la mollesse insigne de la
monarchie qui "souleva le peuple en voulant le soulager". Or, selon
Tocqueville, plus un pouvoir est faible, moins il doit reculer ; sinon, il
précipite sa chute.
Pour expliquer la
Révolution, on ne parlera pas de multiculturalisme, ce serait anachronique,
mais de délitement général et d'éclatement de la société : (...)
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