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mercredi 6 novembre 2013

La situation est-elle révolutionnaire ?

La situation est-elle révolutionnaire ?


C'était écrit. Si la politique n'est pas toujours une science exacte, les mêmes causes produisent souvent les mêmes effets : le désarroi du régime, sur fond de démoralisation nationale et de fronde antifiscale, était tout à fait prévisible. Ne faisons pas les étonnés.
Avis de tempête sur la France. Avec un vent de force 10où l'hystérie le dispute à l'éructation. Le temps est désormais aux braillards, aux europhobes et aux haineux en tout genre, tandis que décline dangereusement l'étoile des partis traditionnels. La situation est-elle révolutionnaire ?
Même si les bonnets phrygiens poussent comme des champignons sur les cortèges bretons, il faut se méfier des prédictions dès lors qu'elles concernent... l'avenir. On s'épargnera donc le ridicule d'annoncer, comme les prophètes de bistrot ou les bravaches des tréteaux, le grand soir incessamment sous peu.
Le communisme et ses avatars ne sont plus que des remugles au fond des poubelles de l'Histoire. Rien à craindre de ce côté-là. Mais force est de constater que la situation actuelle présente des similitudes passablement troublantes avec les décennies qui ont précédé 1789.
Dans un grand classique, L'Ancien Régime et la Révolution, Alexis de Tocqueville avait énuméré quelques-unes des raisons qui avaient mené à la prise de la Bastille et à la suite que l'on sait. Apparemment, ces raisons sont toujours là, deux siècles plus tard. Rien de nouveau sous le soleil, pardon, les nuages de France.
Qu'est-ce qui a provoqué la Révolution de 1789 ? La fiscalité, la centralisation et la bureaucratie. Sans oublier les privilèges et la mollesse insigne de la monarchie qui "souleva le peuple en voulant le soulager". Or, selon Tocqueville, plus un pouvoir est faible, moins il doit reculer ; sinon, il précipite sa chute.
Pour expliquer la Révolution, on ne parlera pas de multiculturalisme, ce serait anachronique, mais de délitement général et d'éclatement de la société : (...)

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