En ce moment, ça pue en France comme dans un polar
Rue89 - En ce moment, ça pue en France comme dans un polar
Islamophobie
rampante, remontées publiques d’homophobie, quasi-consensus xénophobe
anti-Roms, abjections racistes répétées contre Christiane Taubira, retour de
rhétoriques nationalistes dans des secteurs diversifiés de l’espace
politique… et cela dans un contexte de chômage de masse et de difficultés
sociales prégnantes : la conjoncture révèle des effluves répugnantes.
Du côté des
professionnels de la politique, on a ouvert les vannes de la puanteur depuis la
légitimation sarkozyste de l’association frontiste immigration/insécurité. Copé
et Fillon ont ensuite payé leur écot peu ragoûtant de
« présidentiables », comme Valls à gauche.
Les médias font mine
de s’offusquer, tout en alimentant quotidiennement la centralité symbolique du
Front national, dans la logique d’une prophétie autoréalisatrice quant à ses
succès annoncés aux élections municipales et surtout européennes.
Des intellectuels en
vue, des essayistes médiatisés et des journalistes omniprésents, bien propres
sur eux, ont encouragé les peurs et les crispations identitaires, les
brouillages idéologiques entre extrême droite, droite et gauche, la
diabolisation du « mondial » et la fétichisation du
« national », en revêtant les habits de « rebelles » en
lutte contre un supposé « politiquement correct », fabriquant ainsi
le nouveau « politiquement correct », tout en désarmant les
résistances. La "zemmourisation" des esprits est largement en marche…
Chacun à ses petites affaires, dans son coin
Face à ce qui
apparaît inéluctable, des citoyens de gauche comme moi se sentent bien démunis.
Les syndicats et les
associations ont du mal à sortir de leurs légitimes préoccupations
catégorielles et de leurs plus contestables concurrences mutuelles. Le pouvoir
social-libéral use tour à tour de l’arrogance technocratique, d’une compassion
compassée irriguée de paternalisme vis-à-vis des « enfants
irrationnels » qu’il prétend gouverner et de la navigation à vue.
Le Front de Gauche est
pour partie paralysé par des divisions (...)
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