Bangladesh : les ouvriers du textile en grève exigent des hausses réelles de salaire, 140 usines fermées.
La répression des grévistes est féroce. Citant l’exemple de l’usine GMS Composite Knitting Industry à Gazipur, l’AFP relate le témoignage d’un ouvrier : "D’abord, des responsables de l’usine ont battu un de nos collègues, puis, alors que nous sortions de l’usine pour exprimer notre protestation, la police a ouvert le feu. Deux travailleurs ont été tués et plusieurs ont été blessés".
Les syndicats revendiquaient le minimum de 103 dollars pour tous. Contraint par les mobilisations, le gouvernement venait d’entériner un salaire minimum à 68€ dollars (50€) au lieu de 38 dollars. Mais la décision gouvernementale, bien inférieure aux revendications, était aussi en trompe l’oeil car de nombreux employeurs ont réagi en incorporant les indemnités de transport et de repas dans ce minimum ou en les baissant.
Les 4 millions de travailleurs du textile du Bangladesh sont « les plus mal payés du monde », selon le rapport l’Organisation Internationale du Travail (OIT), et ils le restent malgré cette augmentation avec cette augmentation de 76% selon la responsable d’une ONG citée par Le Monde.
1135 d’entre eux étaient morts en Avril dans l’effondrement de l’immeuble de leur usine.
Un "comité international d’accueil" pour la délégation syndicale du Bangladesh à l’OIT
Près de Dacca (Bangladesh), le 26 juin, un bâtiment industriel de huit étages a été fermé après l’apparition de fissures jugées dangereuses. Elles étaient similaires à celles qui avaient précédé l’effondrement du bâtiment de Savar, enfouissant tous les ouvriers qui y travaillaient, et faisant 1229 morts.
« Nous avons visité le complexe et nous en avons interdit l’entrée jusqu’à ce qu’il soit inspecté par les experts », a indiqué Kamsul Hasan Molla, le représentant du gouvernement local. « Nous l’avons fermé par mesure de précaution car nous ne pouvons prendre aucun risque après l’horrible tragédie du Rana Plaza. »
La tragédie de Savar a braqué les feux des projecteurs sur les conditions de sécurité, mais aussi de travail. Là étaient employés 3500 ouvriers parfois payés moins de 40 dollars par mois.
Le Bangladesh est le deuxième exportateur de vêtements du monde.
Les conditions d’exploitation de cette main d’œuvre font la fortune de grands groupes de distribution : Carrefour, Tesco, H&M, Walmar.
Après l’accident de Savar, les autorités du Bangladesh avaient fermé une vingtaine d’usines pour les mêmes raisons. 17 ont été réouvertes après l’avis des experts.
L’entente Internationale des travailleurs a lancé un appel à soutenir le comité international d’accueil de la délégation syndicale du Bangladesh à l’Organisation Internationale du Travail (OIT).
Cet appel se conclut ainsi:
« Nous, soussignés, nous constituons en « Comité international d’accueil de la délégation syndicale du Bangladesh à l’OIT » pour :
- Préparer la venue effective en Europe de ces militants ;
- Entreprendre les démarches afin qu’ils soient reçus ;
- Informer le mouvement ouvrier mondial du développement de la campagne ;
- Soutenir l’exigence de ratification de la convention n° 155 de l’OIT par le Bangladesh. »
L’Entente internationale des travailleurs et des peuples, dont le Parti ouvrier indépendant est membre, publie sur son site la liste des premiers signataires.
Catégories: Bangladesh, TEXTILE
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