L'actualité du jeudi 07/11/2013
La UNE
Dans un
très beau texte, Serge Daney expliquait que le cinéma, «ce n’est pas l’adolescence mais l’enfance,
c’est-à-dire ne pas faire partie du monde mais être toléré d’extrême justesse».
L’antipode de Twitter, réseau social créé il y a six ans pour des
adolescents attardés par des éternels adolescents. Pour en permanence
appartenir au monde connecté. Pour imposer un monde. Les comptes les plus
populaires sont autant d’icônes adolescentes de Justin Bieber à Lady Gaga ou
Katy Perry, hit-parade où s’égare à la cinquième place néanmoins Barack Obama.
Les hommes politiques ont bien vu l’intérêt de cette forme de communication,
immédiate, directe et sans intermédiaire et plus de 125 chefs d’Etat
ou de gouvernement ont leur compte Twitter. Dont la majeure partie est
évidemment rédigée par des conseillers en communication. Comme le veut la
vieille scie de MacLuhan, le médium serait-il devenu le message ? On sait ce
que les révolutions arabes doivent aux réseaux sociaux qui ont permis de
mobiliser des millions de Tunisiens ou d’Egyptiens par-delà les censures d’Etat
ou des télévisions affidées. On sait aussi les horreurs racistes que véhiculent
ces réseaux.
Mais l’essentiel des messages se réduit à la banalité de la vie
mode d’emploi. 140 signes ne peuvent changer le monde, même multipliés par
plusieurs centaines de millions d’utilisateurs. En mal d’eldorado, les
Bourses rêvent aujourd’hui Twitter refaisant le pactole d’Apple ou Amazon.
Mais, pour l’heure, malgré ses légions à rendre jaloux toute personne du
papier, Twitter n’a pas trouvé le modèle de ses aînés. L’adolescent n’est pas
encore adulte.
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