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mercredi 22 mai 2019

Dick Rivers, ce bon vieux rock - jeudi 25 avril 2019

Lu dans le DL du 25.04.2019


ÉDITO

Gilles DEBERNARDI

Dick Rivers, ce bon vieux rock


Blouson noir, bagues aux doigts, banane gominée et surtout un cœur d’enfant conservé intact jusqu’au dernier jour. 
Au point de se poser, après 50 ans de carrière, en « éternel débutant ». Il est vrai que Michel Drucker n’a jamais cru bon de l’inviter en vedette à la télévision. 
Un peu vexant, mais pas de quoi doucher son enthousiasme. L’adolescence, chez lui, ne semblait pas vouloir passer.
 Un « amateur », diront certains.
 Pourquoi pas ? L’amateur, c’est celui qui aime.
 Le crooner de la Baie des Anges n’était pas le plus célèbre des trois pionniers du rock’n’roll à la française.
 Son enterrement attirera moins de monde que l’hommage national à Johnny.
 Le fringant Eddy Mitchell, en terme de notoriété, le devancera toujours. 
Il a plus repris de standards américains qu’enregistré de véritables « tubes ».
 N’empêche, humble et fidèle à « sa » musique, Dick Rivers touchait les gens.
 Vieux rock, imperturbable sous les rides, quitte à passer parfois pour le ringard qu’il n’était pas. 
Trop d’humour pour ça, l’autodérision en bandoulière.
 Et twist again à Saint-Tropez !
 Chante mon gars et laisse causer. 
À te regarder, ils s’habitueront. 
Vivre, c’est insister. 
Ce que fit l’artiste, multipliant les tournées dans les plus lointaines provinces. 
À défaut de déclencher l’hystérie réservée aux idoles, l’ex-leader des « Chats sauvages » y récoltait une sincère affection.
 On l’accueille partout avec une tendre bienveillance, comme un vieil ami qui n’a pas changé. 
Alors que nous, ben, si !
 C’est l’histoire d’un petit Niçois, Hervé Forneri de son vrai nom, qui se rêvait Elvis Presley. 
En dépit d’un accent provençal qu’on entend rarement dans le Mississippi, il a relevé le défi.
 Sans se lasser ni perdre sa gentillesse, pendant un demi siècle de passion continue, ce qui vous classe un homme.

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