Lu dans le DL du 25.04.2019
ÉDITO
Gilles DEBERNARDI
Dick Rivers,
ce bon vieux rock
Blouson noir, bagues aux doigts, banane gominée et surtout
un cœur d’enfant conservé intact jusqu’au dernier jour.
Au
point de se poser, après 50 ans de carrière, en « éternel
débutant ». Il est vrai que Michel Drucker n’a jamais cru bon
de l’inviter en vedette à la télévision.
Un peu vexant, mais pas
de quoi doucher son enthousiasme. L’adolescence, chez lui, ne
semblait pas vouloir passer.
Un « amateur », diront certains.
Pourquoi pas ? L’amateur, c’est celui qui aime.
Le crooner de
la Baie des Anges n’était pas le plus célèbre des trois pionniers
du rock’n’roll à la française.
Son enterrement attirera moins de
monde que l’hommage national à Johnny.
Le fringant Eddy
Mitchell, en terme de notoriété, le devancera toujours.
Il a plus
repris de standards américains qu’enregistré de véritables
« tubes ».
N’empêche, humble et fidèle à « sa » musique, Dick
Rivers touchait les gens.
Vieux rock, imperturbable sous les
rides, quitte à passer parfois pour le ringard qu’il n’était pas.
Trop d’humour pour ça, l’autodérision en bandoulière.
Et
twist again à Saint-Tropez !
Chante mon gars et laisse causer.
À
te regarder, ils s’habitueront.
Vivre, c’est insister.
Ce que fit
l’artiste, multipliant les tournées dans les plus lointaines provinces.
À défaut de déclencher l’hystérie réservée aux idoles,
l’ex-leader des « Chats sauvages » y récoltait une sincère affection.
On l’accueille partout avec une tendre bienveillance,
comme un vieil ami qui n’a pas changé.
Alors que nous, ben,
si !
C’est l’histoire d’un petit Niçois, Hervé Forneri de son vrai
nom, qui se rêvait Elvis Presley.
En dépit d’un accent provençal qu’on entend rarement dans le Mississippi, il a relevé le
défi.
Sans se lasser ni perdre sa gentillesse, pendant un demi siècle de passion continue, ce qui vous classe un homme.
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