
Chère lectrice, cher lecteur,
A priori, cela pouvait passer pour un sommet de snobisme. Pour leur première programmation à la tête de la Comédie de Genève, Denis Maillefer et Natacha Koutchoumov ont invité une version russe et en langue des signes (!) des Trois sœurs de Tchekhov, une autre version, brésilienne celle-là, de la même pièce, sans oublier Sa façon de mourir joué en portugais et en néerlandais par des acteurs belges.
Cela sentait le bide, l’entre-soi pincé tout au moins. Surprise, ces spectacles ont remporté un immense succès. Tout comme la dernière création-choc d’Angélica Liddell au Théâtre de Vidy. Tout comme (bis) Summerless de l’artiste iranien Amir Reza Koohestani, à La Chaux-de-Fonds en janvier.
Dans tous ces cas, le public s’avère fervent. Et la langue n’est jamais un obstacle. Si ces productions étrangères touchent, c’est bien sûr qu’elles sont le fait de grands artistes. Mais c’est aussi qu’elles sont servies par ces maîtres discrets que sont les «surtitreurs.» Sans eux, pas de frontières linguistiques franchies, pas de transport collectif. C’est leur pratique et ses usages que j’ai cherché à éclairer.
– Alexandre Demidoff, journaliste culturel
|
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire