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dimanche 29 juillet 2018

La baisse du chômage marque une pause

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27 juillet 2018

La baisse du chômage marque une pause

Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité a crû de 4 600 de mars à juin

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Il est des nouvelles dont un président de la République se passerait volontiers. La hausse, même très modeste, de la part de demandeurs d'emploi en fait partie. Selon les données publiées, mercredi 25  juillet, par le ministère du travail, le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité (catégorie  A) s'est accru de 4 600 au deuxième trimestre, en métropole (+ 0,1  %), pour s'établir à 3,44  millions (3,702  millions avec les outre-mer).
Si l'on raisonne sur un an, la tendance est meilleure, puisque les personnes relevant de la catégorie  A ont vu leur nombre baisser de 1,3  % au cours des douze mois écoulés. Mais d'autres signaux restent préoccupants. Ainsi, le nombre d'inscrits à Pôle emploi depuis au moins un an (sans aucune activité ou ayant travaillé de façon réduite) a progressé de 1,6  %, de début avril à fin juin – et de 7,2  % en douze mois. Autre indicateur frappant : l'accroissement (+ 1,9  % en trois mois) du nombre de jeunes à la recherche d'un poste (toujours en catégorie A).
" Les chiffres sont un peu décevants par rapport à ce que l'on pouvait attendre,commente Philippe Martin, professeur à Sciences Po Paris. Mais il ne faut pas paniquer. Ils montrent une interruption de la baisse du chômage. " Un coup d'arrêt qu'il impute à plusieurs facteurs. La croissance est moins soutenue qu'à la fin du dernier trimestre 2017, " qui était exceptionnel ". La diminution du nombre de contrats aidés a aussi eu un " impact mécanique " sur le flux des inscriptions à Pôle emploi. " Mais, à moins d'un gros choc sur le commerce mondial – qui n'est pas le scénario le plus probable –, le PIB devrait progresser à un rythme annuel de 1,7  %, ce qui peut laisser espérer une reprise, modérée, du reflux du chômage au deuxième semestre ", juge M.  Martin.
" La croissance, aujourd'hui, reste inférieure à celle qui a prévalu durant la période 1975-2007, avec un taux de 2,1  % par an en moyenne ", observe de son côté Yannick L'Horty, professeur à l'université Paris-Est-Marne-la-Vallée. Pour autant, elle permet de faire progresser les effectifs salariés dans le secteur privé, " de sorte que le chômage va probablement repartir à la baisse, à un rythme très mesuré ".
Reste un gros bémol : des " incertitudes " subsistent sur le cours des matières premières, la parité de l'euro et les menaces protectionnistes, " ce qui est susceptible de remettre en cause la hausse du PIB ". D'après la dernière note de conjoncture de l'Insee, l'économie devrait créer moins d'emplois en  2018 (+ 183 000 " au total " contre + 340 000 en  2017).
Sarah Belouezzane, et Bertrand Bissuel
© Le Monde

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