Lu dans le DL du 14/07/2018
LE BILLET
PAR GILLES DEBERNARDI
Comment Trump
nous marche dessus
Trump va prendre le thé chez la Reine, éléphant lancé dans les
porcelaines de Windsor.
Sa Gracieuse Majesté en a vu d’autres,
d’accord, de Kennedy à Bush en passant par Nixon.
Mais celui-là, en
matière de mauvaises manières, s’impose facilement comme le numéro
un.
Le genre à se curer le nez devant l’archevêque de Canterbury.
Theresa May l’a reçu en grande pompe et vante beaucoup l’extrême
qualité du « lien transatlantique ».
Son invité, en guise de merci, prend
plaisir à l’humilier publiquement.
Le « Brexit doux » voulu par son
homologue anglaise l’exaspère au plus haut point : « Je lui avais pourtant
dit comment faire ! ».
À savoir casser net avec Bruxelles.
L’oncle Sam tire
les oreilles à sa petite nièce désobéissante... avant de radoucir un peu le
ton.
Trop tard, le mal est fait.
Le champion de « l’Amérique d’abord » a eu
l’air de traiter Londres en sous-préfecture d’une lointaine colonie.
Seule
compte la raison du plus fort.
Il marche sur le Royaume-Uni comme
naguère Neil Armstrong marcha sur la lune.
À deux doigts d’y planter son
drapeau ! « Les Britanniques devront réagir » commente Jean-Yves Le
Drian.
Le Vieux Continent aussi.
Le président américain, jour après jour,
s’applique à déstabiliser l’UE sur les questions sécuritaires, économiques,
sociétales, migratoires.
Non sans réussite. Autriche, Pologne,
Hongrie - et maintenant l’Italie - l’écoutent avec sympathie.
Face à cette
offensive inédite, l’Europe peine à admettre l’évidence.
Le logiciel de
1945, qui faisait des États-Unis notre inaliénable « allié historique », ne
fonctionne plus.
Parce que Donald le brutal ne recherche pas d’alliances
et tient l’Histoire pour une valeur « non rentable ».
À l’image de la
démocratie ?
On commence sérieusement à se poser la question.
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