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samedi 31 janvier 2026

PALESTINE, GAZA la CISJORDANIE le génocide continue ! Brisons le silence complice qui s'installe !.Samedi 31 janvier 2026

 

                     

« Le Hamas devient une superpuissance »
Ou comment justifier une guerre d’extermination à basse intensité
Il faut reconnaître à l’appareil politico-militaire israélien une constance remarquable : chaque campagne de destruction massive commence par la même fable. L’ennemi est toujours trop fort. Toujours sur le point de devenir une menace existentielle. Toujours décrit comme une puissance quasi mythologique — même lorsque ses combattants opèrent depuis des ruines, sous blocus, sans armée régulière, sans aviation, sans État.
Aujourd’hui, le récit est rodé : « le Hamas se renforce ». Une affirmation martelée avec gravité, comme s’il s’agissait d’une superpuissance nucléaire, et non d’un mouvement encerclé, affamé, privé de toute souveraineté, confronté à l’une des armées les plus technologiquement avancées du monde.
Mais ce gonflement rhétorique n’a rien d’un excès. C’est une nécessité stratégique.
** L’ennemi géant, condition morale du massacre
Aucune guerre d’extermination ne peut être menée contre une population civile si l’agresseur n’exagère pas, jusqu’à l’absurde, la puissance de celui qu’il combat. Il faut que l’adversaire paraisse monstrueux pour que la destruction paraisse raisonnable. Omnipotent pour que l’anéantissement devienne défensif.
Le Hamas doit donc être simultanément :
écrasé militairement,
privé d’armes lourdes,
enfermé dans un territoire dévasté,
et décrit comme une force en expansion incontrôlable.
Cette contradiction n’est pas un bug du discours. C’est son moteur.
** La guerre permanente, mais « contenue »
La guerre n’a jamais cessé. Elle s’est simplement transformée. Elle n’est plus totale — elle est administrée. Dosée. Fragmentée. Suffisamment meurtrière pour maintenir la terreur, suffisamment étalée pour rester politiquement présentable.
On appelle cela « dissuasion », « sécurité », « opérations ciblées ». En réalité, il s’agit d’une guerre d’extermination à basse intensité : tuer sans choquer, détruire sans déclarer, affamer sans assumer.
Chaque cessez-le-feu devient une pause technique.
Chaque reconstruction, une anomalie suspecte.
Chaque camion d’aide, une menace sécuritaire.
La survie elle-même devient un acte hostile.
** Le mythe fondateur : nous contre une force surhumaine
Dans ce récit, Israël ne combat jamais une population occupée. Il affronte toujours une entité démesurée :
hier « le terrorisme international »,
aujourd’hui « un Hamas enrichi par l’aide humanitaire »,
demain une « menace régionale ».
Peu importe la réalité matérielle. Ce qui compte, c’est l’image : un David surarmé — avions furtifs, drones autonomes, bombes de deux tonnes — luttant héroïquement contre un Goliath invisible, tapi sous les décombres.
Cette inversion morale autorise tout :
– la destruction systématique des infrastructures civiles,
– la famine organisée,
– la mort de dizaines de milliers de civils,
– la transformation d’un territoire entier en zone sacrificielle.
** Gaza : trop détruite pour être libre, trop vivante pour être tolérée
Le scandale, au fond, n’est pas que le Hamas existe.
Le scandale, c’est que Gaza, malgré tout, continue d’exister.
Qu’elle respire.
Qu’elle se reconstruise.
Qu’elle s’organise.
Qu’elle ne disparaisse pas.
Car l’objectif réel n’a jamais été seulement militaire. Il est territorial et démographique.
Gaza doit être vidée — totalement ou partiellement.
Sa population déplacée, éliminée, ou rendue marginale.
Le territoire, une fois « sécurisé », devient colonisable.
La Cisjordanie suit la même logique : morcelée, annexée, intégrée de fait à Israël.
Dans cette perspective, le Hamas n’est qu’un instrument narratif. Un prétexte renouvelable. S’il cessait d’exister, il faudrait en inventer un autre. Car ce qui est visé n’est pas une organisation armée, mais la présence palestinienne elle-même.
Ce n’est pas une guerre contre le Hamas.
C’est une guerre contre l’idée que les Palestiniens puissent rester sur leur terre.
Et pour rendre cela acceptable, il faut, encore et toujours, prétendre combattre une superpuissance.
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